
Quelques ouvrages relatent le rachat des nombreux français capturés et réduits en esclavage au cours des siècles derniers par les « Barbaresques »; ceux-ci ont pu échapper à leur triste sort grâce à l’intervention d’un ordre religieux dédié à cette mission. Dans « Voyage dans les états barbaresques de Maroc, Alger, Tunis et Tripoli ou Lettres d’un des captifs qui viennent d’être rachetés par M.M. les Chanoines réguliers de la Sainte-Trinité » publié en 1785, on retrouve le nom d’un seynois, Jean Baptiste Perrin .

Cette liste concerne les esclaves Français rachetés en 1785 à Alger par « l’Ordre de la Trinité ». Jean Baptiste Perrin 27 ans, seynois, 6 ans d’esclavage, fut racheté à Alger avec 312 autres par les chanoines de la Trinité en 1785…
La liste précise que les 254 premiers étaient esclaves du Dey d’Alger ; ceux en fin de liste (c’est le cas de JB Perrin) « appartenaient aux sujets du Dey »…
Deux ordres principaux se consacraient au rachat des esclaves :
L’Ordre de la Merci (Mercédaires), fondé en 1218 par Pierre Nolasque, rachetait des captifs chrétiens en échange de sommes d’argent ou en se livrant eux-mêmes comme otages. En 1676, ils étaient actifs en Provence, notamment à Marseille.
L’Ordre de la Saincte Trinité (Trinitaires), créé en 1198, jouait un rôle similaire, collectant des fonds via des quêtes et négociant avec les autorités barbaresques.
Le contexte : L’esclavage méditerranéen
Le nombre de victimes de l’esclavage pratiqué par les corsaires barbaresques (Alger, Tunis, Tripoli et Salé) est estimé à 1 à 1,25 million d’Européens capturés et réduits en esclavage entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle.
1. Estimations du nombre de captifs
L’historien Robert C. Davis, spécialiste de l’esclavage méditerranéen, a étudié les registres et les témoignages de l’époque. Il estime qu’entre 1530 et 1830 :
👉 Environ 8 000 à 10 000 Européens étaient capturés chaque année par les corsaires barbaresques.
👉 Le total atteindrait entre 1 et 1,25 million de captifs européens sur 300 ans.
2. Origine des victimes
Les captifs étaient principalement :
- Des marins capturés en mer.
- Des habitants des côtes européennes, victimes de razzias.
- Des pèlerins chrétiens en route vers la Terre Sainte.
- Des populations des Canaries, de Madère, voire d’Islande et d’Irlande.
3. Conditions de captivité et sorts des esclaves
- Travail forcé : Les hommes étaient envoyés aux galères ottomanes, dans l’agriculture ou la construction.
- Esclavage domestique : Les femmes étaient souvent servantes ou concubines dans des harems.
- Possibilité de rachat : Certains captifs étaient libérés contre rançon, notamment par les ordres religieux européens (Trinitaires, Mercédaires).
- Conversion à l’islam : Certains esclaves obtenaient une meilleure condition en se convertissant, devenant parfois corsaires eux-mêmes (ex. : Jan Janszoon, un Néerlandais devenu corsaire de Salé).
4. Déclin de l’esclavage barbaresque
- L’esclavage européen en Méditerranée a progressivement reculé avec la montée en puissance des marines britanniques et françaises.
- En 1816, une expédition britannique dirigée par Lord Exmouth bombarde Alger et force le dey à libérer plus de 12 000 esclaves chrétiens.
- En 1830, la prise d’Alger par la France met définitivement fin à la traite des esclaves chrétiens en Afrique du Nord.
5. Comparaison avec d’autres formes d’esclavage
- Esclavage transatlantique : Entre 12 et 15 millions d’Africains furent déportés vers les Amériques entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle.
- Esclavage transsaharien : Plusieurs millions d’Africains furent capturés et vendus dans le monde arabo-musulman sur une période de plus de 1 000 ans.
- Esclavage européen : Des États comme les Chevaliers de Malte pratiquaient aussi l’esclavage, capturant des musulmans et des Africains.
Conclusion
L’esclavage pratiqué par les corsaires barbaresques a touché environ 1 à 1,25 million d’Européens sur trois siècles. Bien que considérable, il reste bien en deçà des 12 à 15 millions d’Africains victimes de la traite transatlantique. Loin d’être un phénomène isolé, il s’inscrit dans une époque où toutes les grandes puissances pratiquaient l’esclavage sous diverses formes. La conquête française de l’Algérie en 1830 démantela les structures de la piraterie barbaresque et mit un terme officiel à cette traite dans la région. Les autres États barbaresques (comme Tunis et Tripoli) cessèrent progressivement leurs activités sous influence européenne dans les décennies suivantes.
Sources :
Le Var historique et géographique vol.3
Voyage dans les états barbaresques de Maroc, Alger, Tunis et Tripoli ou Lettres d’un des captifs qui viennent d’être rachetés par M.M. les Chanoines réguliers de la Sainte-Trinité (1785)
Les victoires de la charité, ou La relation des voyages de Barbarie faits en Alger par le R. P. Lucien Herault, pour le rachapt des François esclaves aux années 1643 & 1645 Ensemble ce qui s’est passé en sa captivité, emprisonnement & mort arrivée audit Alger le 28 janvier 1646. Presentees a Monseigneur l’illustrissime & reverendissime evesque de Meaux. Par les religieux de la congregation reformée de l’Ordre de la Saincte Trinité & redemption des captifs. (1646) https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k104550j
https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_des_Trinitaires
https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbaresques#La_régence_d’Alger
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bombardement_d%27Alger_(1816)
Catalogue des Esclaves rachetés l’an 1644 dans la ville d’Alger, par les Religieux de la Mercy de France La vive foy et le récit fidelle de ce qui s’est passé dans le voyage de la rédemption des captifs françois , faicte en Alger par les Peres de l’ordre de Nostre-Dame de la Mercy Redemption des captifs, les mois de mars & d’avril 1644… Par le R. P. Edmond Egreville,…https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55457809
Chat GPT
Recherches de Ludivine Rembobine reproduites ici in extenso
Possiblement : À La SEYNE sur Mer : « L’an 1756 et le huit octobre est né et a été baptisé Jean Baptiste PERRIN, fils de Jean, paysan et de Honorade ALARD(e) (…) le parrain a été Jean Baptiste ALARD paysan et la marraine Anne ALARD(e) l’un et l’autre de la Seyne (…)¨ »Les parents de Jean Baptiste se sont mariés à la Seyne en 1755, son père est originaire de Cabriès et sa mère d’Ollioules mais l’acte précise qu’elle vit depuis son enfance à la Seyne.
A priori, Jean Baptiste va vivre sa vie à la Seyne ou dans les environs, peut-être paysan aussi, rien ne le destine à des « aventures » particulières. Et peut-être , cela a été le cas.Toutefois l’on peut s’interroger.
On retrouve Jean Baptiste PERRIN en 1786, à Marseille, où il épouse Marie Bellon. Il est alors patron de bateau de commerce et réside à Marseille depuis 13 mois environ, soit depuis la fin de l’été 1785.« l’an 1786 et le huitième octobre (…) avons mariés Jean Baptiste PERRIN patron du bateau de commerce, fils majeur de feu Jean et de feue Honorade Alard de la Seine diocèse de Toulon résidant en cette ville depuis environ 13 mois et sur notre paroisse rue la poissonnerie vieille depuis le même temps (…)¨
En généalogie, où la prudence dans l’analyse des renseignements s’impose, il n’est pas rare d’avoir des ancêtres ou des collatéraux qui naissent puis..disparaissent, surtout avant la Révolution, où les registres ne sont tenus que par le curé de la paroisse et non un « état civil » mieux organisé.
L’on pense alors à un décès qui n’aurait pas été déclaré, un départ dans un autre lieu où le patronyme n’aurait pas été écrit de la même façon, une attaque cardiaque dans une commune où la personne n’est pas connue, un meurtre etc…
Encore plus lorsque les ancêtres vivent près de l’eau, combien de pauvres hères sont retrouvés noyés et sont inscrits par le curé sans un nom avec juste une description de leurs habits..et ne parlons pas des disparus en mer ! Jean Baptiste PERRIN n’a pas disparu, et si l’on se fie juste aux registres, il est né à la Seyne, s’est marié à Marseille en ayant, entre temps, un parcours qui l’a conduit à devenir « patron de bateau ».
Sauf que voilà une liste qui met un sérieux doute quant à la banalité de son histoire, si toutefois il ne s’agit pas d’un homonyme.
De plus, il n’était pas rare qu’à leur retour, l’on propose un commandement de bateau à ces hommes « d’expérience »…







