Août 44 :
Les 2/3 des seynois ont quitté la ville. Il faut dire que La Seyne a été la cible des terribles bombardements alliés du 29 avril qui ont fait 130 morts, ainsi que de ceux du 11 juillet provoquant une panique générale et la mort par étouffement ou écrasement de 92 personnes venues se réfugier dans l’émissaire commun.
La situation est confuse, on sait que les Alliés ont débarqué le 15 août 1944 à l’est du département. Les divisions se déploient peu à peu.
Le 17 août les allemands détruisent complètement les chantiers navals ainsi que les quais du port.


La Seyne est sinistrée à 73 % ! La population manque de tout, et surtout de pain.
Un drapeau tricolore prématurément arboré le 21 août à une fenêtre du commissariat de police en haut du marché entraine une fusillade et la mort de trois policiers*.
La capitulation allemande viendra après une semaine de combats.
La ville est libérée le 26 août 1944 à 17 heures par la 9ème Division d’Infanterie Coloniale, les troupes du Général de Lattre de Tassigny.
Les régiments de tirailleurs sénégalais et marocains sont accueillis par de vibrantes acclamations.

Quatre ans plus tard, le 11 novembre 48, la ville de La Seyne sera décorée de la croix de guerre avec étoile de vermeil pour le comportement de sa classe ouvrière qui a entravé la production de l’ennemi aux chantiers par des sabotages et des grèves, ainsi que pour ses organisations de résistance, et aussi parce qu’elle a subi de nombreux bombardements ayant occasionné des dommages graves, humains (plusieurs centaines de victimes), et matériels (4310 immeubles touchés sur les 5902 que comptait la ville).

Diverses commémorations
Diverses commémorations
À partir du 15 août 1944, ce sont environ 260 000 combattants de la 1re armée française dirigée par le général Jean de Lattre de Tassigny, qui sont arrivés dans le Sud de la France. Ils débarqueront dans les mois qui suivent, dont 5 000 auxiliaires féminines …
90 % venaient d’Afrique du Nord dont une écrasante majorité d’anciens soldats de l’armée d’armistice (devenue Vichyste) des départements d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie ;
parmi ces derniers, 52 % étaient d’origine nord-africaine (près de 100 000) et 48 % étaient d’origine européenne (les Pieds-noirs)
Dans les grandes unités, le pourcentage de soldats nord-africains variait de 27 % à la 1re DB à 56 % à la 2e DIM. (Wikipédia)
Répartition au sein des forces françaises
L’Armée B comptait au total environ 250 000 à 260 000 combattants. Sa composition globale met en lumière l’effort massif des territoires d’outre-mer :
- Les Pieds-noirs : Environ 84 000 hommes (soit environ 30 % à 32 % des effectifs) issus de la conscription et des engagements volontaires en Algérie, au Maroc et en Tunisie.
- Les soldats maghrébins : Environ 130 000 tirailleurs, goumiers et tabors (marocains, algériens et tunisiens), représentant la majorité absolue de l’armée française (environ 50 %).
- Les troupes coloniales subsahariennes et antillaises : Environ 12 000 hommes (tirailleurs sénégalais, marsouins du Pacifique)
Une anecdote : Un seynois à la bataille de l’Authion

#C’estnouslesAfricains
C’est nous les Africains
Qui revenons de loin,
Nous venons des colonies
Pour sauver la Patrie (pour défendre le pays)
Nous avons tout quitté
Parents, gourbis, foyers
Et nous gardons au cœur
Une invincible ardeur
Car nous voulons porter haut et fier
Le beau drapeau de notre France entière
Et si quelqu’un venait à y toucher,
Nous serions là pour mourir à ses pieds
Battez tambours, à nos amours,
Pour le Pays, pour la Patrie, mourir au loin
C’est nous les Africains !

St Mandrier :

« Les troupes alliées organisent l’encerclement de Toulon. C’est la 9ème Division d’Infanterie Coloniale qui libère La Seyne. Il fallut réduire les batteries de Brégaillon, de Mar-Vivo ; les forts Napoléon et Balaguier ; la formidable batterie anti-navale et anti-aérienne du Peyras. Le 21 août voit la fusillade du poste de police, boulevard du 4 septembre. Le 27 août, la presqu’île de Saint-Mandrier reste la seule position qui désespérément résiste. L’Amiral Ruhfus et son état-major y sont réfugiés. Sur la demande du colonel Puloch du Régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc, il se résout à capituler. »
La Seyne en 1900 Les boches déguerpissent avec armes et bagages…La photo est légendée « char allemand après reddition St Mandrier aux Sablettes / corniche » (collection privée)

Sources
fortitude-ww2.fr/debarquement-provence-dragoon
tv5monde.com/afrique/80-ans-du-debarquement-de-provence-lapport-decisif-des-soldats-africains
Laurent Moënard : Le débarquement en Provence
Wikipedia
La Provence
Var-matin
L’écho d’Alger
Histoires de France 2.0
Photos coll. privée








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