Joseph Julien Poggio, dit « Sénégal » était un marchand ambulant bien connu des seynois.

Né le 22/05/1889 aux Mouissèques de parents italiens (de Cartosio dans le Piémont) il est recensé traverse Messine en 1931, et décédé le 14/01/1957. À son décès son adresse est notée Bar sélect place Ledru Rollin. Il était divorcé de Claire Joséphine Ripert.

Il promenait dans les quartiers son étal, une barque à fond plat fixée sur deux ou trois roues qui transportait selon les saisons et les années des moules, des frites, des chichi fregi, de la glace, ou des friandises, ce qui ne manquait pas d’attirer des grappes d’enfants agglutinés à lui. 

Pour 5 sous en 1933 on avait 15 à 20 cms de chichi-frégi ou un gros cornet de frites. « C’est moi qui les fais, c’est moi qui les vends c’est ma femme qui bouffe l’argent » criait ce célibataire endurci mais au coeur gros comme un bon pain…(Jean Debout sur VM)

« Les moules de Sénégal, si vous n’en voulez pas ça m’est égal! » (Jean Debout sur VM)

Avec la bette « Mimi » :  » Aux bonnes frites de Sénégal »

Ses moules, qu’il allait cueillir à la rame avec sa bette, comme tout bon « ravageur », venaient des bâtiments de la Marine nationale en cours de démolition à Brégaillon. Au petit matin il faisait le plein de son embarcation. Plus grosses que celles de Tamaris, elles étaient prisées des amateurs. 

Sénégal, on l’entendait de loin grâce à sa clochette d’enfant de choeur ou sa corne de brume.

Il avait aussi fabriqué un manège pour enfants sans moteur qu’il faisait tourner à la main et qu’il installait dans les quartiers et notamment place Bourradet, le « Vire-vire Sénégal ».

Avec la bette « Aurore » (d’après Charly)

Il est rapporté chez Marius Autran qu’il organisait des tombolas clandestines dont les lots à gagner étaient le plus souvent des pièces de gibier (bécasse, lièvre, lapin de champ) ou de beaux poissons.

Il vivait probablement dans cette roulotte, d’où il préparait ses frites en épluchant ses pommes de terre.


« Avec sa clochette d’enfant de choeur, sa charrette magique en forme de bette, et sa toque digne d’un Bocuse, Sénégal, autre personnage de La Seyne, aiguisait mes narines du parfum gourmand du chichi-frégi. C’était la vedette des fêtes de La Seyne quand il défilait en tête du cortège joyeux des enfants porteurs de la lanterne en papier accordéon suspendue au bout d’un bambou ». (C’était une autre vie, Yvan Meschi, VM)
Photo Chabert colorisée

Il laisse le souvenir d’un homme enjoué et généreux…

Sur « La Place du Marché, Témoin du Temps » de Marius AUTRAN, on trouve ce texte :

Pierre la Chique, bien connu des enfants de l’école Martini à qui il proposait des pains d’épices, des berlingots à la menthe et autres sucreries. Les enfants miséreux l’assaillaient en lui criant :  » Pierré ! Faï tasta ! « .

Alors notre personnage se déchaînait et se répandait en invectives amères et s’écriait en provençal d’une voix caverneuse  » Garça mi lou camp, capoun d’oou bouan diou ! « .

Peut-être Pierre la Chique sur cette photo de 1904 ? On y voit aussi une marchande de cade*, une spécialité locale…

Sources


Article VM 30/12/2000 Régine Meunier

http://jcautran.free.fr/oeuvres/tome3/place_du_marché

Avant-dernière photo : Chabert (colorisation I.A)

Autres photos coll. privées

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