1er Août 1914 : La guerre éclate. Mobilisation générale ! On parie sur une guerre courte, juste le temps d’ un aller-retour pour couper les moustaches à Guillaume (« le Kaiser »). 

Albert Herter 1926 : Le départ des Poilus

En temps de guerre sont créés des hôpitaux annexes des hôpitaux militaires qui relèvent de l’autorité de l’hôpital mixte et sont établis dans des lieux réquisitionnés.

la Ville de La Seyne a pu mettre à la disposition du service de santé près de 800 lits à partir du 6 août 1914 et accueillir des malades et blessés de la guerre jusqu’à la fin de 1920.

Parmi ces hôpitaux temporaires on distingue :

Les hôpitaux complémentaires (HC), installés dans des bâtiments réquisitionnés, les hôpitaux auxiliaires (HA), et enfin les hôpitaux bénévoles (HB) 

  • L’Institution Sainte-Marieest choisie pour sa capacité d’accueil et sa proximité avec la gare, réquisitionnée le 6 août 1914 elle devient l’ »HC N°4″ avec 550 lits (615 selon une autre source) qui fermera le 14 décembre 1918. 
  • L’hôpital civil Saint-Jean devient le 14 décembre 1914 jusqu’au 31 décembre 1918, avec 103 lits, l’ »HB N° 144 bis ». 
  • Le patronage laïque devient le 1er février 1915 jusqu’au 6 août 1917, « annexe de l’hôpital civil » avec 32 lits. 
  • L’hôtel des Sablettes-les- Bains, du 20 août 1915 à la fin de 1918, est l’ »ACM N°164″ avec 30 lits,
  • La Villa des glycines (qui deviendra le Régina), du 12 décembre 1915 à la fin de 1918, est l’ »ACM N°168″ avec 20 lits. 
  • Le Grand hôtel des Sablettes*, « HC N°89 », fonctionne du 1er février 1918 au 1er novembre 1920. Spécialisé dans le traitement des maladies tuberculeuses, ouvert en 1918 et sera curieusement le dernier hôpital à fermer en 1920. (À la présidence du comité de surveillance on retrouve Cécile Chaminade*). 
  • La Gâtonne*« HC N°88 » avec 80 lits du 29 mars 1918 au 25 février 1919. 
  • Le casino de Tamaris avec ses 120 lits complète la liste des hôpitaux temporaires.

1914 : L’Institution Saint-Marie est transformée en hôpital militaire.

Le collège était donc devenu l’Hôpital complémentaire n°4. Après avoir reçu des malades et des blessés français,(l’équipe médicale de l’H.C. no4 est constituée de 6 médecins français, le docteur Laffont en assurant la direction) il fut très rapidement affecté aux troupes russes. Le service de santé occupait toute la partie est du bâtiment principal, les réfectoires, les études, les dortoirs, les salles du bâtiment des classes et les communs. L’usage de ces derniers et la cohabitation des civils et des militaires n’est pas facile et il n’est jusqu’aux heures de fréquentation des commodités qui ne donnent lieu à discussion et notes de service ! (Les questions de discipline étant bien sûr réglementées selon l’usage établi dans l’armée russe !)

La Russie était liée à la France par une convention militaire, « la triple-entente », (voir par ailleurs l’Alliance franco-russe*). Le tsar Nicolas II signe un protocole en mai 1916 et envoie 40 000 hommes participer à la « guerre française » sur le territoire et sur le front de Salonique. 

Le 7 janvier 1917 les premiers blessés russes arrivent à La Seyne.

Du mois d’août 1916 à mars 1917, il y a eu 5719 malades et 1 930 blessés évacués par les navires hôpitaux. En août 1917, on dénombre 787 soldats russes hospitalisés dans la XVe région militaire; 336 de ces soldats seront soignés à l’Institution Sainte-Marie de La Seyne. 72 sont morts et furent enterrés à La Seyne. Presque tous sont morts de maladie (tuberculose, embolie pulmonaire, paludisme, pleurésie, etc.)…reconnus  » Morts pour la France. »

Carte écrite par Marius Puyade de l’Hôpital complémentaire n°4 salle S (tampon du Médecin chef de l’Hôpital Temporaire) en 1916

Voir l’article sur l’I.S.M transformée en Hôpital Complémentaire* ici.

1915 : Le Grand Hôtel des Sablettes est transformé en hôpital militaire.

L’hôtel des Sablettes-les- Bains, propriété de M. Verlaque, fut mis gracieusement à la disposition de l’association d’Assistance aux Convalescents Militaires (ACM) du 20 août 1915 à la fin de 1918 qui en fit donc un centre de convalescence de 30 lits (ACM164).

Le Grand Hôtel des Sablettes transformé en hôpital militaire…

« Sous la direction d’un économe M. Jardel le maitre hôtelier des Chantiers, une cuisinière et une aide seront préposées à la préparation des aliments. (Voir Emile Jardel dans Les commerces du Port*)

Grâce donc au prêt magnifique d’un homme de bien, M. Verlaque : Grace à la générosité inépuisable de M. le directeur des Chantiers : grâce à l’empressement des dames à répondre à l’appel d’un comité dont nous connaissons tous ici le zèle et la probité : a la faveur de concours nombreux et précieux :

Grâce à la libéralité de la population patriotique de La Seyne, le délégué de la XV°région a pu emporter de sa visite à notre formation sanitaire la certitude que nos valeureux convalescents goûteront là du bon repos et un peu de bien-être.

Au président du comité que nous ne saurions trop remercier de sa gracieuse invitation, au bureau, à tous les membres du vaillant comité, le Petit Var adresse ses chaleureuses félicitations et fait les voeux les plus ardents pour la prospérité toujours plus grande de cet établissement modèle ».

Le Grand hôtel des Sablettes, Hôpital Complémentaire « HC N°89 », fonctionne du 1er février 1918 au 1er novembre 1920. Spécialisé dans le traitement des maladies tuberculeuses, ouvert en 1918 et sera curieusement le dernier hôpital à fermer en 1920. (À la présidence du comité de surveillance on retrouve Cécile Chaminade* qui fut directrice de l’hôpital de l’hôtel des Sablettes 1914/1915). 

Grand Hôtel des Sablettes hôpital militaire

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Cécile Chaminade

Compositrice de musique et pianiste, Cécile Chaminade fit une carrière internationale, donnant des récitals dans de nombreux pays y compris aux États-Unis et au Canada, auteur/trice d’un grand nombre de compositions musicales pour piano et de recueils de mélodies.

 En 1910, à la mort de sa mère qui l’accompagnait dans la plupart de ses tournées, elle se retire au Vésinet puis reprend sa carrière en 1913, accueillie triomphalement à Londres, puis la guerre éclatant, elle vient prendre alors, à 57 ans, la direction de l’hôpital de l’hôtel des Sablettes 1914/1915 qui soigne les convalescents. L’hôtel des Sablettes-les- Bains, propriété de M. Verlaque, fut mis gracieusement à la disposition de l’association d’Assistance aux Convalescents Militaires (ACM) du 20 août 1915 à la fin de 1918 qui en fit donc un centre de convalescence de 30 lits (ACM164).

(Coll. part.R. Paesani)

Le Grand hôtel des Sablettes, « hôpital complémentaire » fonctionnera comme service anti-tuberculeux de 1918 à 1920 (HC89).

HC89 Hôtel des Sablettes en 1919 (Coll. part.R. Paesani)

Voir l’article sur Cécile Chaminade* ici.

Ici un des hôpitaux militaires bénévoles de La Seyne sur mer

Sources :

Wikipedia, CPA Delcampe, Archives départementales du Var, Le petit Var, recensements 1901, 1921,1926, JC Autran forum, Ludivine Rembobine, histoire-vesinet.org,

Dina Marcellesi : Des femmes en villégiature à La Seyne-sur-Mer aux XIXe et XXe siècles (Regards sur l’histoire de La Seyne-sur-Mer )

Dina Marcellesi : Les soins aux blessés, aux malades et aux convalescents ;
l’implication des Seynois ; l’institution Sainte-Marie et l’hôpital russe à La Seyne ((Regards sur l’histoire de La Seyne-sur-Mer )

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