La Philharmonique La Seynoise, fondée en 1840 à La Seyne-sur-Mer dans le Var, est une institution musicale d’exception, reconnue comme la plus ancienne association de cette ville et l’une des trois plus anciennes sociétés philharmoniques de France. Son histoire, riche de plus de 180 ans, témoigne d’une passion continue pour la musique et d’un engagement profond envers la culture locale.

Origines et fondation

La Seynoise voit le jour sous l’impulsion de Marius Gaudemard, un Seynois visionnaire qui, en 1840, décide de créer une philharmonique pour offrir à la population un accès à l’art musical. À une époque où l’instruction générale et la diffusion de la culture artistique étaient limitées, cette initiative est audacieuse. Gaudemard, figure centrale des débuts, cumule les rôles de président, directeur administratif et chef d’orchestre, structurant peu à peu l’association avec l’aide de collaborateurs dévoués. Dès ses premières années, la philharmonique s’impose comme un vecteur de joie et de cohésion sociale, animant les fêtes locales et jouant des airs patriotiques comme La Marseillaise lors des cérémonies officielles.


« Toutes les sociétés de musique se sont montées avec des musiciens amateurs. A La Seyne, ce furent les ltaliens et chaque musicien enseignait son art ». (Jean Arèse)

Développement et rayonnement

Au fil des décennies, La Seynoise gagne en renommée. En 1886, sous la municipalité de Saturnin Fabre, elle reçoit une subvention de 200 francs, un soutien qui marque une reconnaissance officielle et lui permet d’amplifier ses activités.

En 1895 Saturnin Fabre perd les élections complémentaires puis les générales au profit de François Bernard (1895-1899) qui quitte la présidence de la Seynoise et crée le Cercle artistique seynois ou l’Avenir seynois, ce qui entraina une scission interne et mit La Seynoise en conflit sévère avec le nouveau maire qui obtiendra du préfet en 1896 la dissolution de La Seynoise, un arrêté que le conseil d’état annulera en 1898, et la société renaitra sous le nom de La lyre Seynoise. L’élection de Julien Belfort (la liste opposée) permettra à la société philharmonique de retrouver son ancien nom…

Dissolution de La Seynoise

« En 1895, la ville de Toulon en plein développement doit créer un réseau d’assainissement pour ses habitants et projette de faire aboutir le collecteur des eaux sales à Saint-Mandrier et de le faire passer sous le port de La Seyne.

Le maire du moment, l’ingénieur, Saturnin Fabre est prêt à l’accepter.

 Une partie du conseil municipal démissionne en opposition à leur maire dont François Bernard.

l’enquête commodo et incommodo devient tribune libre au cœur de l’hôtel de ville. Le projet est annulé.

 Aux élections complémentaires de 1895 la liste Bernard gagne ainsi qu’aux élections générales de 1896. 

Saturnin Fabre est obligé de se retirer. À partir de ce moment la Seynoise, soutien musical de Saturnin Fabre s’oppose à la nouvelle municipalité, il faut dire que François Bernard qui était jusque là président honoraire de la Seynoise avait quitté cette présidence pour créer une autre société musicale, le cercle artistique Seynois ou l’avenir Seynois, car à côté des membres actifs de la musique existait un ensemble de membres honoraires dont les cotisations et les aides diverses permettaient aux musiciens un exercice plus facile de leur art. 

La Seynoise en comptait 700. 

D’’autre part, Saturnin Fabre avait toujours favorisé la Seynoise, notamment au niveau des subventions municipales, et en délaissant les autres sociétés existantes. La Seynoise s’enfla donc des militants de Saturnin Fabre. 

De ce jour, à chacune de ses sorties, elle ne respectait plus le rituel de présenter les honneurs sous le balcon du Maire. Elle organise même pendant l’été 1896, des bals non autorisés par le maire d’où un arrêté Municipal le 8 août 1896 lui interdisant de sortir en corps sur la voie publique. Bagarres et manifestations entre opposants occupent les faits divers… 

La Seynoise Compte, alors 50 membres actifs et 600 membres honoraires. 

À l’occasion de la Sainte-Cécile le 21 novembre 1896, la Seynoise demande l’autorisation d’organiser un bal. Le Maire l’accorde dans un souci de conciliation. invité, il ne peut ou il ne veut s’y rendre. Les membres de la Seynoise, vexés, animent le lendemain un bal clandestin, y présentant des affiches pornographiques caricaturant le Maire. Les désordres sont tel que l’emploi de la force armée est nécessaire pour ramener le calme. Des poursuites judiciaires sont engagées à l’encontre des meneurs le 5 décembre 1896, avec condamnation à des amendes pour plusieurs membres de la société, 

le 7 décembre 1896, un arrête préfectoral prononce la dissolution de la Seynoise dont le président se pourvoie devant le conseil d’État à l’effet de faire annuler l’arrêté municipal du 8 août 1896. 

Les provocations continuent. Des manifestants, proches de la société dissoute, parcourent les rues de La Seyne en proférant des cris séditieux contre le préfet et le maire. La propriété du Maire est endommagée (jets de pierres etc). 

Février 1897 pour le carnaval l’ex Seynoise dresse un char carnavalesque, représentant le maire lorsqu’il tombe à l’eau, puis alla figurer à la bataille de confettis de Toulon. Le lendemain, le même groupe prépare un char allégorique pour la bataille de Fleurs à Toulon incarnant la dissolution de la Seynoise, où se trouvent vêtus de deuil, les musiciens de l’ex Société avec l’intention le soir de repasser sur les quais du Port de La Seyne.

Des partisans de la municipalité s’organisent pour les recevoir, des barrages de Police sont mis en place mais des heurts entre les fractions de la population opposées ont lieu cependant. 

le 1er juillet 1898, le conseil d’État annule l’arrêté du maire du 8 août 1896.

Fort de cette victoire, l’ex-président de la Seynoise demande la reconstitution de la société, il profite aussi de la catastrophe de Lagoubran. En effet, dans la nuit du 5 au 6 mars 1899, la poudrière située à l’extrémité des villes de Toulon et de La Seyne explose faisant plus de 100 morts dont de nombreux seynois.

En avril 1899, l’ex Seynoise renait sous le nom de la Seynoise, composée de 65 membres actifs et 752 membres honoraires. 

Durant l’été 1899, la Lyre insiste pour retrouver son ancien nom.

 les élections municipales approchent, le maire de La Seyne s’y refuse. La population Seynoise semble avoir basculé en faveur de la Seynoise. Le sous-préfet demande au préfet d’attendre le résultat de l’élection. 

Belfort est élu, La Seynoise retrouve son nom ».

Place de la Lune, Patrick Martinenq (résumé)

L’arrivée de Marius Silvy à la direction musicale la même année propulse l’association vers de nouveaux sommets. Pendant 33 ans, ce chef talentueux et charismatique dirige l’orchestre avec une énergie communicative, remportant des distinctions, comme une médaille lors d’un concours à Toulon. Sous sa houlette, La Seynoise devient une formation solide, attirant un public enthousiaste des quatre coins de la ville.

Année 1900 – La Seynoise en excursion à Besse-sur-Issole

Le répertoire initial, centré sur les instruments à vent typiques des philharmoniques, s’enrichit progressivement. Des œuvres classiques comme L’Arlésienne ou Faust côtoient des compositions locales et, plus tard, des pièces contemporaines et étrangères, reflétant une volonté d’ouverture et d’innovation.

1906

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Défis et résilience

Banquet de Sainte Cécile à La Seynoise (inaugurée en 1922) sous la présidence de Marius Aillaud.
Au mur trois mécènes : les établissements de peinture Blanc, « Au petit Louvre » et la fabrique de couleurs Victor Content*

L’histoire de La Seynoise n’est pas exempte de difficultés. Guerres, crises économiques et bouleversements sociaux menacent à plusieurs reprises sa survie. Pendant la Seconde Guerre mondiale, par exemple, les activités sont perturbées, et le centenaire prévu en 1940 est repoussé à 1946. Sous la présidence de Ferdinand Aubert, la célébration de ce centenaire, bien que marquée par les pénuries d’après-guerre, reste un moment fort, symbolisant la résilience de l’association. Malgré ces obstacles, des figures comme Marius Aillaud (président dans les années 1920-1930) ou Alex Peiré  un instituteur Seynois, Conseiller municipal  (années 1960) jouent un rôle clé pour maintenir l’élan, renforçant les liens avec la municipalité et mobilisant les musiciens. 

Salle Aillaud

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Évolution et modernité

Au XXe siècle, La Seynoise s’adapte aux évolutions musicales et sociétales. Dans les années 1970, sous la direction de Jean Arèse* (1936-2025) chef de musique et directeur de l’école municipale de musique, l’orchestre élargit son répertoire en intégrant des instruments à cordes et des compositeurs modernes (Purcell, Trenet, Bécaud). Cette diversification attire un public varié et met en lumière de jeunes talents locaux issus de l’école municipale, tels que Michel Fiol ou Serge Féral, qui poursuivront des carrières remarquables.

Aujourd’hui, forte d’une cinquantaine de musiciens, La Seynoise continue de rayonner avec un répertoire éclectique : musique classique, variété populaire, musiques de films et créations contemporaines.
Elle propose chaque année entre 40 et 50 concerts, souvent en collaboration avec des ensembles comme l’Orchestre de chambre ou l’Ensemble opérette, et participe activement aux événements patriotiques et humanitaires de la région.

Héritage et avenir

Installée depuis 1922 dans son siège de la rue Gounod, qui sert à la fois de salle de répétition et de lieu de spectacle, La Seynoise est un pilier de la vie culturelle seynoise. Son histoire, retracée dans l’ouvrage 170 ans de passion musicale de Marius et Jean-Claude Autran (2010), illustre une aventure collective portée par des générations de musiciens et de présidents dévoués. En 2025, alors qu’elle approche de son 185e anniversaire, elle reste fidèle à sa mission originelle : diffuser la musique pour tous, tout en se tournant vers l’avenir avec des projets comme le recrutement de nouveaux talents et l’exploration de nouveaux styles.

La Philharmonique La Seynoise incarne ainsi une histoire exemplaire de persévérance, d’amitié et d’amour de l’art, un patrimoine vivant qui continue d’enchanter La Seyne-sur-Mer et au-delà.

La Pastorale (ou le mystère de Notre Seigneur Jésus Christ) de Antoine Maurel ici en 1902

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« La pastorale Maurel a vu le jour en 1844. Initialement chantée par des chorales à Noël, puis représentée par les santons, l’annonce de la naissance du Christ aux bergers (li pastre en provençal), puis aux gens du village, a vite fait l’objet d’une théâtralisation qui s’appuie sur ce chemin semé d’embûches que tous empruntent pour découvrir le nouveau-né. D’abord avec des santons-marionnettes. Puis, sous l’impulsion d’Antoine Maurel, sur scène, avec des comédiens, dans une pièce interprétée en provençal écrite en cinq actes…Le rémouleur, le bohémien, l’aveugle et son fils, le meunier, le bègue, et même Lou Ravi, celui qui, d’un tempérament constamment grognon, s’illumine en découvrant la naissance du petit Jésus… : assister à la représentation de la Pastorale Maurel, c’est voir les santons de notre crèche exercer leurs petits métiers et prendre littéralement vie, avec leurs caractères bien trempés ». Laurence Mildonian/ laprovence.com interprétée ici en 1902 (Société philharmonique « La Seynoise »).

La Pastorale dans la Presse locale

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La marche de l’U.S.S : Paroles de A. Gilardi et Musique de F. Taliani

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Ecoutez ici la marche de l’U.S.S*

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Romolo François Taliani (1881-1948)

Avec ses oriels en pignon (bow-windows)

De jeunes musiciens de « La Seynoisette » déguisés en « Bôumians ». (Années 1923-1924)
L’orchestre et la fanfare de « La Seynoise » animaient les lancements de navires.

Au quinconce

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Demandez le programme !

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Voir Le Kiosque à musique de la place Ledru-Rollin*

Est-ce bien au Café Hôtel Restaurant Gaudemard que les premières répétitions de la Philharmonique Seynoise et de l’Orphéon, deux sociétés musicales populaires (la première instrumentale et l’autre de chant choral) créées toutes les deux par Marius Gaudemard l’Hôtelier limonadier eurent lieu dès 1841 ?

Echanges avec jean-Claude Autran à propos de la salle de répétition au Grand café Gaudemard

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Rectification donc suite aux échanges épistolaires avec Jean-Claude Autran : « C’est peut-être ici, au Café Hôtel Restaurant Gaudemard, que les premières répétitions de la Philharmonique Seynoise eurent lieu dès 1841, leurs archives antérieures à 1890 ayant été détruites, et aucun autre document à notre connaissance ne permettant de l’attester…

Installée depuis 1922 dans son siège de la rue Gounod, qui sert à la fois de salle de répétition et de lieu de spectacle, La Seynoise est un pilier de la vie culturelle seynoise. Son histoire, retracée dans l’ouvrage 170 ans de passion musicale de Marius et Jean-Claude Autran (2010), illustre une aventure collective portée par des générations de musiciens et de présidents dévoués. En 2025, alors qu’elle approche de son 185e anniversaire, elle reste fidèle à sa mission originelle : diffuser la musique pour tous, tout en se tournant vers l’avenir avec des projets comme le recrutement de nouveaux talents et l’exploration de nouveaux styles.

La Philharmonique La Seynoise incarne ainsi une histoire exemplaire de persévérance, d’amitié et d’amour de l’art, un patrimoine vivant qui continue d’enchanter La Seyne-sur-Mer et au-delà.

Une autre association musicale a existé, née en 1897, la fanfare garibaldienne, composée de 15 membres exécutants et de 75 membres honoraires, dont le siège était place de la Lune, qui faisait résonner les airs italiens lors des apéritifs d’honneur, des fêtes italiennes célébrées par la colonie seynoise, des campagnes électorales, des bals, etc. (Place de la Lune, Patrick Martinenq)

Sources : 


Archives du Var (recherches Ludivine Rembobine)


Louis Baudoin, Histoire générale de la Seyne-sur-Mer


Marius Autran, Cent cinquante ans d ‘art musical, histoire de la philharmonique  » La Seynoise ‘ » 


La ville fête les 50 ans de l’école de Musique (chantal.campana @ la-seyne. fr, 2006)


Regards sur l’histoire de La Seyne-sur-Mer n° 6 


comptes rendus du colloque du 5 novembre 2005 
http://jcautran.free.fr/oeuvres/seynoise/chapitre_1.html


Plan cadastral : http://jcautran.free.fr/oeuvres/seynoise/chapitre_1.html

Photo familiale Joëlle Delfino et coll. privée

Partition musicale USS Jeanne Santolaria

Grok 3

wikipedia.org/wiki/Antoine_Maurel

https://www.laprovence.com/article/region/67992043313174/la-pastorale-maurel-une-tradition-provencale-nee-a-marseille-il-y-a-180-ans

Place de la Lune, Patrick Martinenq 1983

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2 comments

  1. La disposition des tables pour le banquet de la Sainte Cécile me rappelle la grande fête que mes parents avaient donnée dans cette salle pour ma communion solennelle. Sur la scène, mon amie Nicole chantait  » Scoubidou Bidou », le  » Petit cabanon » passait en boucle et Michel Fiol , cité dans l’article, n’était qu’un tout petit garçon.C’était en 1958; la salle était souvent louée, j’y ai assisté à plusieurs mariages. L’autorisation pour cette fête adressée en réponse à la lettre de mon père était signée du maire, du président de la Seynoise et d’un officier de police.

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