Quelle est la recette du chichi frégi ?

Traditionnellement de la farine de blé (parfois mélangée à la farine de pois chiche), de la levure de boulanger, de l’eau, de la fleur d’oranger et un bain de friture.

Le chichi est-il seynois ? Question subsidiaire, peut-on apprécier un bon chichi quand on est seynois ? et si oui comment ?

HISTORIQUE

À Toulon

On se souvient qu’à Toulon il y avait sur le cours Lafayette cette fabrique transmise de génération en génération par les Guglielmi, l’une des plus anciennes familles productrices de chichi frégi (1907-1922), créditée dans la région d’en être l’inventrice (à l’Estaque on n’en retrouve la présence qu’à partir ses années 30), une institution qui malheureusement n’existe plus. Il n’y a plus de chichi toulonnais, c’est un fait !

Photo france3-regions.franceinfo.fr/

À La Seyne

On ne doit quand même pas oublier qu’à La Seyne aussi nos anciens se régalaient de cette gourmandise sur la place du Marché*, actuelle place Laïk !

-Grâce à Madame Ropolo en bas du marché « à la mine réjouie, la marchande de beignets qui coupait avec de grands ciseaux des longueurs variables du chichi fregit enroulé en spirale, à la demande des clients ». (La Place du Marché, Témoin du Temps Marius Autran https://jcautran.fr/oeuvres/tome3/place_du_marche.html).

La pâtisserie de la place Baptistin Paul était réputée aussi pour ses « grosses pêches »et son pudding.

Elle avait arrêté de faire des panisses pour ne faire concurrence à Mme Roy et sa cade*.

-Grâce à Sénégal* qui promenait dans les quartiers son étal, une barque à fond plat fixée sur deux ou trois roues qui transportait selon les saisons et les années des moules, des frites, des chichi fregi, de la glace, ou des friandises.

« C’est moi qui les fais, c’est moi qui les vends c’est ma femme qui bouffe l’argent » criait ce célibataire endurci (Jean Debout sur VM)

-Grâce aux festivités du 14 juillet sur la place de la lune* avec sa traditionnelle foire*, où « La Seyne n’était qu’une immense fourmilière, avec des dizaines de milliers de Personnes, enfants et grands-Parents réunis, allant d’un quai à l’autre, du kiosque à musique de la place Ledru-Rollin* jusqu’à la Clinique du chantier*, dans le bruit des manèges, des stands de tir et des flonflons de la clique. Les chichi-fregis, les pommes d’amour, les glaces, les berlingots et les grands sucres d’orge régalaient les minots, impatients pour monter à leur tour sur la « chenille » (Jean Debout sur VM)

-Grâce surtout pour ma génération à la famille di Domenico aux Sablettes ! À 15 ans, quand l’envie nous prenait entre deux parties de volley sur la plage nous partions de Mar Vivo, on enjambait pédalos et gondolys pour aller au bout des Sablettes acheter des gaufres et des chichi fregi à la dernière baraque à frite, celle des di Domenico qui faisaient les meilleurs chichis du monde, un souvenir impérissable…

Les baraques des Sablettes

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Quel est le secret de la recette du chichi-frégi ?

Mon secret : un brin de nostalgie bien sûr, une dose de bienveillance envers l’artisan, et une pointe de chauvinisme (indispensable).

Les ingrédients à éviter : l’amertume, la jalousie et la méchanceté gratuite (pour faire plus court : Facebook).

Alors oui le chichi est bien seynois au même titre que la cade de Mme Roy, il fait partie du patrimoine culturel immatériel de La Seyne et merde pour le roi d’Angleterre (et son donut)!

Sources

Marius Autran La Place du Marché, Témoin du Temps Marius Autran https://jcautran.fr/oeuvres/tome3/place_du_marche.html)

https://www.archives.la-seyne.fr (pour les caricatures de Charly)

Jean Debout Var-Matin

https://france3-regions.franceinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/var/toulon/mobilisation-a-toulon-pour-relancer-le-veritable-chichi-fregi-vendu-dans-son-kiosque-de-rue-2911766.html

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