Jean Baptiste Perrin 27 ans, seynois, 6 ans d’esclavage, racheté à Alger avec 312 autres par les chanoines de la Trinité en 1785…
sources : 
Le Var historique et géographique
Voyage dans les états barbaresques


Recherches de Ludivine Rembobine reproduites ici in extenso :

La SEYNE sur Mer : « L’an 1756 et le huit octobre est né et a été baptisé Jean Baptiste PERRIN, fils de Jean, paysan et de Honorade ALARD(e) (…) le parrain a été Jean Baptiste ALARD paysan et la marraine Anne ALARD(e) l’un et l’autre de la Seyne (…)¨ »

Les parents de Jean Baptiste se sont mariés à la Seyne en 1755, son père est originaire de Cabriès et sa mère d’Ollioules mais l’acte précise qu’elle vit depuis son enfance à la Seyne.
A priori, Jean Baptiste va vivre sa vie à la Seyne ou dans les environs, peut-être paysan aussi, rien ne le destine à des « aventures » particulières. Et peut-être , cela a été le cas.Toutefois l’on peut s’interroger.
On retrouve Jean Baptiste PERRIN en 1786, à Marseille, où il épouse Marie Bellon. Il est alors patron de bateau de commerce et réside à Marseille depuis 13 mois environ, soit depuis la fin de l’été 1785.

« l’an 1786 et le huitième octobre (…) avons mariés Jean Baptiste PERREIN patron du bateau de commerce, fils majeur de feu Jean et de feue Honorade Alard de la Seine diocèse de Toulon résidant en cette ville depuis environ 13 mois et sur notre paroisse rue la poissonnerie vieille depuis le même temps (…)¨
En généalogie, où la prudence dans l’analyse des renseignements s’impose, il n’est pas rare d’avoir des ancêtres ou des collatéraux qui naissent puis..disparaissent, surtout avant la Révolution, où les registres ne sont tenus que par le curé de la paroisse et non un « état civil » mieux organisé.
L’on pense alors à un décès qui n’aurait pas été déclaré, un départ dans un autre lieu où le patronyme n’aurait pas été écrit de la même façon, une attaque cardiaque dans une commune où la personne n’est pas connue, un meurtre etc…
Encore plus lorsque les ancêtres vivent près de l’eau, combien de pauvres hères sont retrouvés noyés et sont inscrits par le curé sans un nom avec juste une description de leurs habits..et ne parlons pas des disparus en mer !Jean Baptiste PERRIN n’a pas disparu, et si l’on se fie juste aux registres, il est né à la Seyne, s’est marié à Marseille en ayant, entre temps, un parcours qui l’a conduit à devenir « patron de bateau ».
Sauf que voilà une liste qui met un sérieux doute quant à la banalité de son histoire, si toutefois il ne s’agit pas d’un homonyme :

Voilà qu’il y a un J.B Perrin, environ 27 ans, originaire de la Seyne, qui aurait été esclave pendant 6 ans !
La liste précise que les 254 premiers étaient esclaves du Dey d’Alger ; ceux en fin de liste (c’est le cas de JB Perrin) « appartiennent aux sujets du Dey »
Cette liste concerne les esclaves Français rachetés en 1785 à Alger par « l’Ordre de la Trinité »
De plus, il n’était pas rare qu’à leur retour, l’on propose un commandement de bateau à ces hommes « d’expérience »…

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_des_Trinitaires
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k104550j
https://fr.wikipedia.org/wiki/Barbaresques#La_régence_d’Alger
Et l’on peut trouver d’autres listes, plus anciennes, comme cet extrait du « Catalogue des Esclaves rachetés l’an 1644 dans la ville d’Alger, par les Religieux de la Mercy de France »

Il suffit de farfouiller sur le site de Gallica (Bibliothèque Nationale de France)…une mine d’or pour retrouver un peu d’histoire de nos ancêtres.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55457809

Victor Schoelcher est nommé le 4 mars sous-secrétaire d’Etat chargé des colonies et président d’une commission d’abolition de l’esclavage : le mois suivant, le décret de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises est signé le 27 avril 1848….

Voir l’article du Toulonnais « Journal du Var et de l’Afrique » du 11 Juillet 1861 : lettre de Napoléon III à Prosper de Chasseloup-Laubat alors ministre de la marine et des colonies…

Article du journal : archives du Var.
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