1- Le quartier Tortel :

-« Considéré comme étant le plus primitif de notre localité, l’un de ses premiers groupements humains…

Les Tortel sont le témoignage, avec le quartier non éloigné de Domergue, au sud-ouest des « quatre-moulins « , de l’approche, à ces époques, des gens de Six-Fours vers le rivage pour y fonder un établissement à demeure…

Jadis, on pénétrait dans « les Tortel  »  par un portail ouvert à travers les immeubles, car même les humbles agglomérations se renfermaient en Provence afin de mettre leurs habitants à l’abri de toute agression, toujours possible à cause de la proximité de la mer.

Au début du XX° siècle, il restait, de cette entrée, un grand porche voûté, avec des logements au-dessus, lequel fut démoli vers 1909 date à laquelle il avait été reconnu nécessaire d’élargir le passage.

On accèdait à la colline des « Quatre-Moulins » dont l’altitude est de cinquante huit mètres au-dessus du niveau de la mer, « par un chemin assez raide qui grimpe sur son versant nord ou bien par un autre chemin, à la pente plus douce, qui gravit son flanc sud en partant du chemin rural de Domergue, un vieil hameau de la campagne seynoise.

Ces deux chemins, qui se rejoignent et qui en réalité n’en forment qu’un constituaient la voie des meuniers et des paysans qui exploitaient les moulins ».

(Les anciens moulins à eau et à vent du territoire seynois

Annexe n° 2 Louis Baudoin)

Au Nord (le haut de la carte) l’avenue Marcel Dassault, l’immeuble du Quadrige et le Bd du 4 septembre.
Au Sud ((le bas de la carte) direction chemin de Domergue et les quatre moulins.

2- L’aire de battage :

A la hauteur du 119 chemin Aimé Genoud, antérieurement chemin de Tortel”  classé Voie Communale n° 132 le 29/9/1898, se trouvait cette aire de battage ainsi que le patek qui la bordait (cadastre napoléonien de 1829). Actuellement cette aire est utilisée comme parking privatif.

Cette aire était en droit rural une coproprièté en indivision appartenant aux riverains qui la louaient aux cultivateurs désirant faire moudre leur blé au moulin plus haut. (« Une aire commune à divers » sur la chaîne pétitoire)

« On voit encore aux « Tortel » une aire collective à fouler le blé, appartenant à plusieurs propriétaires, qui était utilisée par des habitants du quartier ; recouverte d’herbes folles, son aire dallée se montre, ça et là… »

(Histoire générale de La Seyne sur mer  Louis Baudouin 1965 p.751)

Vestiges encore visibles d’une aire de battage du blé dont le sol était formé de briques rouges, ici au hameau de Tortel (119 chemin Aimé Genoud), mise à disposition des paysans et des meuniers par les habitants du dit hameau, ces aires communes étant appelées Patek, copropriétés en indivis dont les propriétaires en droit rural étaient désignés sous le vocable de « communistes »…

Cette aire de foulage aux pieds du blé était donc destinée au  moulin des Tortel, le hameau des premières heures de la Ville (1580)…

Anecdote 1 : C’est ici précisément que vécut Jean Joseph Tortel jusqu’à son exil forcé en 1793. Un autre destin l’attendait par delà les océans…

Anecdote 2 : Par la suite son bien abandonné (sa « hoirie ») fut mis aux enchères publiques pour être plus tard acheté par la famille Chapuy dont le fils hérita, un certain Nicolas Chapuy, qui connut lui, un destin plus tragique. Mais ceci est une autre histoire…

Au XVIIe siècle, la grande majorité des cultivateurs voulaient avoir la farine de leur froment. Il leur fallait donc battre ou écraser les gerbes aux heures les plus chaudes de la journée pour mieux séparer les grains des épis craquants.

Cette opération se faisait sur des aires, surfaces circulaires en terre battue ou pavées de briques rouges limitées par une murette. Un fort cheval attelé à un rouleau de pierre, lourd, cylindrique et cannelé tournait autour d’un piquet fixé au centre et auquel l’attelage était relié par une longe de cuir.

Au 19ème siècle l’aire de battage, servait à battre les gerbes de blé récoltées pendant les moissons, permettant d’égrainer les céréales, de séparer le grain de l’épi, à l’aide de différentes techniques.. Souvent, dans le midi de la France, elle était construite en plein air, exposée au mistral et façonnée de galets…

Ces aires, en terre à l’origine, furent dallées de pierres par la suite (aire caladée) par soucis d’hygiène et facilité d’entretien..

« Comme les lavoirs, les aires à battre le blé… ont totalement disparu pour la simple raison que les céréales ne sont plus cultivées à La Seyne depuis longtemps ».

On distinguait

• Le battage manuel à l’aide d’un fléau : « l’escoussau » en provencal. Le rouleau succéda au fléau. Nos petites exploitations locales n’exigeaient pas l’usage de la batteuse mécanique. Après la ventilation des gerbes broyées dont se chargeait le tarare actionné par une manivelle, les sacs de grains s’en allaient vers les moulins. »(Marius Autran)

• Le foulage par piétinement (sabot des animaux), « cauco » consistait à faire tourner les bêtes sur l’aire. Cette technique était prédominante en Provence.

Cette technique fut améliorée au 19ème siècle par l’arrivée d’une pierre conique, striée : le barrulaire.

Cela a permis d’améliorer considérablement la qualité de travail et le rendement. En effet, le grain restait alors dans les stries et n’était plus écrasé.

Marius Autran explique la décadence de nos « quatre moulins » à partir du moment où la voie ferrée amena les farines de la Beauce et de la Brie (Images de la vie seynoise d’antan tome VIII).

1859 : La Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) met en service, le 3 mai 1859, la station de « La Seyne ». 
Le train arrive à La Seyne, un évènement déterminant qui va bouleverser l’économie et par voie de conséquences le quotidien de tous les habitants de la région. (Pour mémoire c’est en 1895 que Louis Lumière filmera L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat)

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Références bibliographiques

• AUTRAN Marius. 1990. En passant par les rues de ma ville natale. Images de la vie seynoise d’antan, tome III, pp. 461-514.• AUTRAN Marius. 2002. Origine des quartiers et lieux-dits seynois. Images de la vie seynoise d’antan, tome VIII, pp. 105-137.• AUTRAN Marius. Vieilles pierres seynoises : marius.autran. pagesperso-orange.fr/oeuvres/tome2/vieilles_pierres.html• BAUDOIN Louis. 1965. Histoire générale de La Seyne sur Mer et de son port, depuis les origines jusqu’à la fin du XIXe siècle, 914p.• MERLE Toussaint. 1966. Souvenirs d’un petit Seynois. Conférence à la Société des Amis de La Seyne Ancienne et Moderne à propos de certaines rues seynoises. : http://www.rene-merle.com/article.php3? id_article=555]• RIBOT Henri (avec la collaboration d’Antoine PERETTI). 2009. Les noms de lieux de l’Ouest Varois – Dictionnaire toponymique et historique. Cahier du Patrimoine Ouest Varois N° 12. Editions du Foyer Pierre Singal et Centre Archéologique du Var.• Services Techniques de La Seyne-sur-Mer. Tableau de classement des voies communales, mise à jour de février 1984,21p.La Seyne – Informations – Histoire : http://cyril.castelbou.free.fr/ la_seyne/noms_rues.htmlHistoire de La Seyne : http://www.la-seyne.fr/Les Amis de La Seyne Ancienne et Moderne (Le filet du pêcheur) Ollioules & ses ramifications varoises : http://eaton.m.free.fr/Armada de Chile : http://revistamarina.cl/

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