Le hameau des Tortel :

Il est considéré comme étant le plus primitif de notre localité, l’un de ses premiers groupements humains…avec celui des Beaussier et les Cavaillons…
Vers 1580 quelques habitants de Six-Fours (les Tortel, les Beaussier et les Daniel, puis d’autres), descendent du castrum perché de cette petite bourgade prospère et commencent à s’établir près du rivage oriental du terroir à l’abri des corsaires et des tempêtes, en se rapprochant de « la Sagno », lieu-dit qui tirait son nom de la siagne, plante aquatique poussant en abondance sur ces rivages marécageux.
« Les Tortel » sont le témoignage, avec le quartier non éloigné de Domergue, au sud-ouest des « Quatre-moulins », de l’approche, à ces époques, des gens de Six-Fours vers le rivage pour y fonder un établissement à demeure…
Le chemin rural de Domergue et celui de Tortel qui se rejoignent constituaient la voie des meuniers et des paysans qui exploitaient les moulins d’alentour :
les « quatre moulins » (datant du XVIII°), le moulin de Tortel (démoli vers 1885), et celui de St Honorat.


Jadis, on pénétrait dans « les Tortel  » par un portail ouvert à travers les immeubles, car même les humbles agglomérations se renfermaient en Provence afin de mettre leurs habitants à l’abri de toute agression, toujours possible à cause de la proximité de la mer.
Au début du XX° siècle, il restait, de cette entrée, un grand porche voûté, avec des logements au-dessus, lequel fut
démoli vers 1909 date à laquelle il avait été reconnu nécessaire d’élargir le passage (à la hauteur du 119), et en bas et à l’angle du chemin de Tortel futur chemin Aimé Genoud, se trouvait vers 1880, le siège de l’inscription Maritime ( la Villa St Marc actuelle).
En 1603, une chapelle remplace le premier sanctuaire édifié en 1590.
Les Seynois dépendaient alors toujours de Six Fours en ce qui concerne l’approvisionnement en vivres.
En 1615, Michel Tortel, « sieur de Ramatuelle » est capitaine
des vaisseaux du roi. Il fait campagne dans le Bosphore, guérit miraculeusement des fièvres (la peste contractée à Constantinople en 1618) et à son retour, il fait édifier en signe de reconnaissance sur la propriété familiale une chapelle et un couvent des capucins en faisant un don de trois mille piastres à l’abbaye. (le couvent deviendra l’actuel collège des maristes)
Sous l’ impulsion de Michel, le port bénéficia d’un agrandissement notable.
Il faut attendre 1608 pour que soit construit le premier four à pain, et 1631 pour que Louis XIII accorde par lettres patentes aux habitants de la Sagno le droit de posséder leurs propres étals de boucherie.
La vocation stratégique du littoral seynois, qui verrouille la rade de Toulon, s’illustre parallèlement par la construction des forts..
La Tour de Balaguier est érigée dès 1634 sur ordre de Richelieu.. Vauban la renforcera dès 1679 de remparts et de poudrières..
Une batterie haute permet de faire feu dans les gréements de la marine à voile..
Le fort de l’Eguillette est par ailleurs construit en 1680. Plus tard Napoléon Bonaparte ordonnera la construction du fort éponyme
en 1812 pour compléter le dispositif..
En 1639 est construite la halle aux poissons, mais l’administration reste encore le privilège du conseil siégeant à Six-Fours, pourtant désormais moins peuplée.
En 1657 La Seyne accède au statut de commune indépendante, elle compte alors un millier d’habitants dont un tiers vivant du commerce maritime.
La jeune bourgade de pêcheurs et de charpentiers seynois se développe si vaillamment que le Pape Paul V l’érige en paroisse.
Les premières armoiries de la cité datent de 1686, elles s’inspirent alors du thème évangélique de la multiplication des pains et des poissons avec la croix épiscopale de l’abbé de Saint Victor et les palmes de « sagnos » ce roseau des marais qui aurait donné son nom à cette jeune communauté implantée dans les marécages.
Vers la fin du XVIIe siècle, la population seynoise avoisinait 4 000 habitants.
Il fallut donc modifier les fours à cuire le pain et naturellement moudre davantage de blé.
Les habitants construisirent alors des moulins à vent en forme de tours cylindriques aux endroits les plus propices à recevoir les vents dominants ((Mistral et vent d’Est), des moulins à farine, actionnés par le vent (à Brégaillon, au Peyron, aux Tortel, aux
« Quatre-Moulins », à Laffranc, à Saint-Honorat).
Au XVIIe siècle, la grande majorité des cultivateurs voulait avoir la farine de leur froment. Il leur fallait donc battre ou écraser les gerbes aux heures les plus chaudes de la journée pour mieux séparer les grains des épis craquants.
Cette opération se faisait sur des aires, surfaces circulaires en terre battue ou pavées de briques rouges limitées par une murette.
« On voit encore aux Tortel une aire collective à fouler le blé, appartenant à plusieurs propriétaires, qui était utilisée par des habitants du quartier ; recouverte d’herbes folles, son aire dallée se montre, ça et là… » 1965 Louis Baudouin. (Histoire générale de La Seyne sur mer p.751)
Dès 1711 les familles Lombard, Abran et Tortel, toujours originaires de Six Fours, décident de construire des barques, goélettes, voiliers et même des bateaux destinés à la Marine royale en s’installant en bout de la petite rade seynoise sur un site dénommé « Lou Radet » ou

« Bourradet ». Charpentiers, calfats, cordiers, voiliers, gréeurs, tonneliers participent activement aux constructions de ces bateaux de pêche et de commerce..

C’est le début d’activité du premier chantier naval seynois…

Mais ceci est une autre histoire…

Extraction et mise en forme PdP 2015


Références bibliographiques
• AUTRAN Marius. 1990. En passant par les rues de ma ville natale. Images de la vie seynoise d’antan, tome III, pp. 461-514.
• AUTRAN Marius. 2002. Origine des quartiers et lieux-dits seynois. Images de la vie seynoise d’antan, tome VIII, pp. 105-137.
• AUTRAN Marius. Vieilles pierres seynoises : marius.autran. pagesperso-orange.fr/oeuvres/tome2/vieilles_pierres.html
• BAUDOIN Louis. 1965. Histoire générale de La Seyne sur Mer et de son port, depuis les origines jusqu’à la fin du XIXe siècle, 914p.
• MERLE Toussaint. 1966. Souvenirs d’un petit Seynois. Conférence à la Société des Amis de La Seyne Ancienne et Moderne à propos de certaines rues seynoises. : http://www.rene-merle.com/article.php3? id_article=555]
• RIBOT Henri (avec la collaboration d’Antoine PERETTI). 2009. Les noms de lieux de l’Ouest Varois – Dictionnaire toponymique et historique. Cahier du Patrimoine Ouest Varois N° 12. Editions du Foyer Pierre Singal et Centre Archéologique du Var.
• Services Techniques de La Seyne-sur-Mer. Tableau de classement des voies communales, mise à jour de février 1984,21p.
La Seyne – Informations – Histoire : http://cyril.castelbou.free.fr/ la_seyne/noms_rues.html
Histoire de La Seyne : http://www.la-seyne.fr/
Les Amis de La Seyne Ancienne et Moderne (Le filet du pêcheur) Ollioules & ses ramifications varoises : http://eaton.m.free.fr/
Armada de Chile : http://revistamarina.cl/

L’aire de battage du hameau des Tortel.(parcelle 860 sur le cadastre)

« Vers la fin du XVIIe siècle, la population seynoise avoisinait 4 000 habitants. Il fallut modifier les fours à cuire le pain et naturellement moudre davantage de blé. Nos anciens construisirent alors des moulins à vent en forme de tours cylindriques aux endroits les plus propices à recevoir les vents. Mistral et vent d’Est puisqu’ils sont les vents dominants. »
Louis Baudouin 1965 : 
« On voit encore aux « Tortel » une aire collective à fouler le blé, appartenant à plusieurs propriétaires, qui était utilisée par des habitants du quartier ; recouverte d’herbes folles, son aire dallée se montre, ça et là… »
(Histoire générale de La Seyne sur mer) 
L’aire de battage est un lieu permettant d’égrainer les céréales. Souvent, dans le midi de la France, elle est construite en plein air, exposée au mistral et façonnée de galets…
Au 19ème siècle l’aire de battage, servait à battre les gerbes de blé récoltées pendant les moissons. Ce battage permettait de séparer le grain de l’épi, à l’aide de différentes techniques. Ces aires, en terre à l’origine, furent dallées de pierres par la suite (aire caladée) par soucis d’hygiène et facilité d’entretien..
« Comme les lavoirs, les aires à battre le blé… ont totalement disparu pour la simple raison que les céréales ne sont plus cultivées à La Seyne depuis longtemps. (Marius Autran explique la décadence de nos « quatre moulins » à partir du moment où la voie ferrée amena les farines de la Beauce et de la Brie Images de la vie seynoise d’antan tome VIII).
Au XVIIe siècle, la grande majorité des cultivateurs voulaient avoir la farine de leur froment. Il leur fallait donc battre ou écraser les gerbes aux heures les plus chaudes de la journée pour mieux séparer les grains des épis craquants.
Cette opération se faisait sur des aires, surfaces circulaires en terre battue ou pavées de briques rouges limitées par une murette. Un fort cheval attelé à un rouleau de pierre, lourd, cylindrique et cannelé tournait autour d’un piquet fixé au centre et auquel l’attelage était relié par une longe de cuir.
Le rouleau succéda au fléau. Nos petites exploitations locales n’exigeaient pas l’usage de la batteuse mécanique. Après la ventilation des gerbes broyées dont se chargeait le tarare actionné par une manivelle, les sacs de grains s’en allaient vers les moulins. »(Marius Autran)
« Sur la hauteur qui domine ce quartier s’élevait un moulin dont la tour fut démolie il y a quelque quatre-vingts ans pour construire, sur son emplacement, un
grand réservoir d’eau destiné à l’alimentation de la cité.
Il ne reste aucun vestige de l’ancien moulin à vent des Tortel ». (Louis Baudoin)

Références bibliographiques
• AUTRAN Marius. 1990. En passant par les rues de ma ville natale. Images de la vie seynoise d’antan, tome III, pp. 461-514.
• AUTRAN Marius. 2002. Origine des quartiers et lieux-dits seynois. Images de la vie seynoise d’antan, tome VIII, pp. 105-137.
• AUTRAN Marius. Vieilles pierres seynoises : marius.autran. pagesperso-orange.fr/oeuvres/tome2/vieilles_pierres.html
• BAUDOIN Louis. 1965. Histoire générale de La Seyne sur Mer et de son port, depuis les origines jusqu’à la fin du XIXe siècle, 914p.
• MERLE Toussaint. 1966. Souvenirs d’un petit Seynois. Conférence à la Société des Amis de La Seyne Ancienne et Moderne à propos de certaines rues seynoises. : http://www.rene-merle.com/article.php3? id_article=555]
• RIBOT Henri (avec la collaboration d’Antoine PERETTI). 2009. Les noms de lieux de l’Ouest Varois – Dictionnaire toponymique et historique. Cahier du Patrimoine Ouest Varois N° 12. Editions du Foyer Pierre Singal et Centre Archéologique du Var.
• Services Techniques de La Seyne-sur-Mer. Tableau de classement des voies communales, mise à jour de février 1984,21p.
La Seyne – Informations – Histoire : http://cyril.castelbou.free.fr/ la_seyne/noms_rues.html
Histoire de La Seyne : http://www.la-seyne.fr/
Les Amis de La Seyne Ancienne et Moderne (Le filet du pêcheur) Ollioules & ses ramifications varoises : http://eaton.m.free.fr/
Armada de Chile : http://revistamarina.cl/

Vestiges encore visibles d’une aire de battage du blé dont le sol était formé de briques rouges, ici au hameau de Tortel (119 chemin Aimé Genoud), mise à disposition des paysans et des meuniers par les habitants du dit hameau, ces aires communes étant appelées Patek, copropriétés en indivis dont les propriétaires en droit rural étaient désignés sous le vocable de « communistes »…
Le Hameau des Tortel : La « ligne d’écriture »
Antérieurement à ce champ de vignes qui fut remplacé dans les années (19)60 par l’école Tortel (les préfabriqués provisoires qui sont toujours debout aujourd’hui), il y avait une petite usine de cordages, la fabrique Gaudin, qui fonctionnait encore vers 1880. (Louis Baudoin)
close

2 comments

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *