En 1631, La Seyne compte plus de deux cents maisons, une église paroissiale, un couvent, un millier d’habitants, trois cents marchands, capitaines et artisans. (Marius Autran, tome 2, 1988)

A l’avenir seraient élus un consul et deux conseillers de la maison commune de Six-Fours (Louis BAUDOIN, 1965, op. cit. p. 127), c’est-à-dire des magistrats responsables (Marius AUTRAN, 1988, op. cit. tome II), choisis par les caps d’ostau (chefs de famille) de La Seyne parmi les familles les mieux nanties de propriétaires terriens dont le nom est encore bien connu de nos jours : Tortel, Beaussier, Lombard, Pascal,… (Marius AUTRAN, 1988, op. cit. tome II et vol. 3, 1990).

Ce furent leurs premiers représentants qui firent construire près d’une citerne, en 1639, la première halle aux poissons, consacrant par ce geste le rôle fondamental que la pêche jouait à l’origine de la création de la communauté seynoise (Idem, op. cit). La construction de cet édifice se fit après démolition de boutiques.

A prix fait, Honoré Beaussier, maçon, monta tous les piliers de la halle bâtis en pierre de la Couronne (Jean DENANS, 1707/1711, op. cit.).

En 1639 apparaît la halle aux poissons de La Seyne, à quelques mètres de son emplacement actuel.

Première poissonnerie construite à la Seyne, rue « du pavé d’amour » (actuelle rue République), elle sera déplacée de quelques mètres en 1859. Sur sa face Ouest la date de 1839 est gravée dans le ciment. Elle indique la date de la reconstruction et sans doute aussi d’un déplacement de quelques mètres de l’ancienne halle du XVIe siècle qui bordait la place aux Herbes au début de la rue République.

Avec son église paroissiale, ses deux cents maisons, ses premières structures économiques, la bourgade de La Sagno comptait à ce moment-là un millier d’habitants dont trois cents marchands, capitaines marins et artisans . 

« Nous remarquons nos poissonnières à robe longue, la tête couverte d’un fichu, une pointe de laine croisée sur la poitrine, attachée dans le dos, les acheteuses vêtues d’un casaquin et d’une jupe longue traînant presque à terre. »
La Place du Marché
Témoin du Temps
Images de la vie seynoise d’antan – Tome III (1990)
Marius AUTRAN
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Annette Tilly Maurin « …ces femmes au franc parler qui s’appelaient Cayol, Sigalon, Boeuf, Jaume, Lagneau, Sauvaire, Imbert, Christin, Barberis, Pisany, apportaient à la poissonnerie de La Seyne une animation incomparable et leurs appels vibrants à la clientèle rejoignaient ceux du marché avec les Gina, les Canal, les Gil et combien d’autres disparus de nos jours…. » ( Marius Autran)

La Place du Marché
Témoin du Temps
Images de la vie seynoise d’antan – Tome III (1990)
Marius AUTRAN
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« …La poissonnerie retentissait des appels chaleureux, des clameurs tumultueuses de nos vaillantes femmes de pêcheurs arrivées dès la pointe du jour depuis Saint-Elme, Tamaris ou le Manteau.

 » A l’aubo ! A l’aubo !  » C’est à ce cri que l’on reconnaissait les vendeuses de sardines.

Exception faite pour la morue,— la morue trempée (la marlusso trempado), bonne pour bouillir, frire ou rôtir, accompagnant l’aïoli le cas échéant ; c’était, disait-on, « le poisson des pauvres » —, on ne trouvait sur les étals que des prises de nos rivages : poissons de bouillabaisses, de grillade, de soupe, crabes grouillants, crevettes sauteuses, mollusques indolents comme les poulpes et les seiches, coquillages divers en provenance de la Petite Mer.

Elles en ont vu défiler des daurades, des congres, des loups de mer, des rascasses, des esquinades… les pierres vénérables de notre Pescarié, depuis le XVIIe siècle au début duquel elles furent bâties.

Comme elles ont vu se succéder des générations de vendeuses, pour la plupart femmes de pêcheurs de nos rivages.

Déjà au début du siècle se manifestèrent les familles : Vuolo, Pignatel, Sauvaire, Christin, Attanasio.

on ne dira jamais assez le mérite de ces gens de mer qui s’en allaient caler leurs filets la nuit, même par gros temps, les retirer à la pointe du jour, tirant le mieux possible sur leurs avirons, préparer hâtivement les prises quand elles étaient suffisantes, les transporter avec des charretons (aucun moyen mécanique n’existant alors) pour se trouver à l’ouverture du marché ».

« Les pêcheurs, eux, se reconnaissent à leurs bonnets de laine au lourd caban dont ils sont revêtus et à leurs sabots fourrés. » 
La Place du Marché
Témoin du Temps
Images de la vie seynoise d’antan – Tome III (1990)
Marius AUTRAN
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