Etienne Jean Joseph Marie Prat

Officier de santé depuis 1841, chirurgien de 1ère classe depuis 1852, chirurgien-major de la Marine, chef du service de santé en Océanie pendant quatre ans et demi (« Taïti »), démissionnaire en 1860 pour refus de sa nomination en Chine qui lui fermait la porte du professorat, chevalier de la Légion d’Honneur en 1863, médecin à La Seyne, conseiller municipal, attaché à l’ambulance des Cavaillons.

Peu d’informations à ce jour sur ce médecin qui vécut et survécut à l’épidémie de choléra de 1865. Une rue du centre ancien porte son nom, l’ex rue du séminaire.

Quelques uns de ses écrits nous permettent d’en saisir la personnalité, tout au moins en partie, mais gardons-nous d’en porter un jugement à distance…

.« La Seyne, par sa position exceptionnelle, la facilité des communications, a réuni dans ses murs de nombreux étrangers. Ses habitants forment deux types bien caractérisés.


1° La population indigène. Vifs, hospitaliers, naturellement compatissants et généreux, les Seynois aiment surtout à braver l’Océan et ses tempêtes, et quand ils ont servi la France aux rivages étrangers, ils rentrent, au sein de la famille, où leur vie s’écoule tranquille et paisible sous la charme des souvenirs d’un autre âge.

2° L’autre partie de la population, issue d’une haute origine, et toute fière de ses grandes destinées, est loin d’avoir des habitudes à la hauteur de ses prétentions. Mais qu’on ne s’attende pas à nous voir lever ce voile qui révèlerait tant de misères ! Qu’on ne nous demande pas de tracer le tableau de ce qui se passe dans ces réduits sans lumière où s’abritent pêle-mêle, hommes, femmes, enfants, vieillards !

Ces détails humiliants nous feraient peut-être regretter une hospitalité que nous accordons avec tant de générosité et de bienveillance. » 

On lui doit encore cette description terrible du quartier de la Lune :

Qu’on excuse notre franchise… que les rues de La Seyne sont malpropres , remplies d’immondices ou d’eaux croupissantes, que les deux gros vallats (ruisseaux servant d’égout) qui les entourent sont une véritable sentine d’infection, enfin que la ville dans les circonstances actuelles n’a aucune des conditions de salubrité qui distinguent les villes voisines…

La rue appelée par les habitants et dans les journaux du nom redoutable de rue de la Peste… sans pavés, dépourvue de trottoirs, des rez-de-chaussées très humides dans lesquels mangent, séjournent, couchent, etc. de nombreuses familles piémontaises… dans un carré qui cube à peine 50 m nous avons compté huit lits , occupés chacun par deux personnes au moins, dans lequel respirent 16 à 18 grandes personnes, des enfants au berceau… Ajoutez encore leurs vêtements sales, crasseux, accrochés aux murs aux portes, aux fenêtres.

Dans cette rue les immondices, les résidus de la vaisselle, les matières fécales, etc. croupissant dans des rigoles dépourvues de pente et privées d’eau...

Notons en passant que la plupart des maisons construites au quartier de la Lune se trouvent au sein d’un terrain marécageux . C’est là que l’épidémie a éclaté dans le principe et qu’elle est resté confinée pendant plusieurs jours sur les bords du gros Vallat et surtout dans la fameuse rue P ou de la peste...

Dr Etienne Prat, ex-chirurgien de la Marine, médecin à La Seyne, conseiller municipal. (La Seyne : son épidémie cholérique 1865)

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