Notre Dame de Bonne Garde

Au mois de mai de l’an 1625, une belle journée ensoleillée fut soudain troublée par l’accumulation de nuées épaisses suivie d’un orage d’une violence exceptionnelle. Au milieu de cette tourmente, exposée aux quatre vents, la tour des guetteurs sembla bien fragile, surtout quand la foudre la frappa de plein fouet. Le refuge s’enflamma immédiatement, mais les guetteurs s’en sortirent indemnes. Ils s’enfuirent, affolés sous la pluie diluvienne, mais se convainquirent que seul un miracle leur avait permis d’en réchapper.
Ces veilleurs appartenaient à l’ordre des Pénitents Gris appelés aussi Frères Bourras, car ils portaient une longue robe de bure grise pour suivre les offices.
La population fut rassemblée par le prieur pour l’informer que la Vierge Marie, seule capable de réaliser un tel miracle, devait être remerciée.
Il fut alors décidé de se rendre sur les lieux mêmes et d’y planter une croix que les Pénitents Gris se proposèrent de porter sur leur dos, pieds nus par les chemins rocailleux.
On estima ensuite ce témoignage de reconnaissance insuffisant et on pensa qu’il fallait édifier un véritable sanctuaire.
Les veilleurs de Sicié, érigèrent, sur la montagne, en présence des consuls, du clergé, des confréries et de tout un peuple, une grande croix de bois, témoignage de reconnaissance de Six- Fours. 
Quelques années plus tard, avec les offrandes recueillies à cet effet et avec le concours de la communauté de Six- Fours, ils firent bâtir une petite chapelle, monument plus durable, qui fut placée sous le vocable de Notre-Dame-de- Bonne-Garde. Ce premier édifice (entièrement situé en territoire six- fournais) fut considérablement agrandi vers 1633 par les soins de la même association des Pénitents gris.
C’est le sanctuaire que nous voyons encore aujourd’hui, celui de la Vierge protectrice des marins, des navigateurs, des terriens et de tous ceux qui lui confient leurs peines et leurs espoirs, la grande médiatrice auprès de Dieu. Depuis la création du sanctuaire de Notre-Dame-de-Bonne-Garde, au début du XVIIe siècle, de nombreux pèlerinages ont donc eu lieu, plus particulièrement durant le mois de mai (le mois de Marie, pour l’Église catholique). Les pèlerins allaient pieusement implorer la Bonne Mère, assaillis qu’ils étaient par les soucis et les dangers permanents. A ces époques, les épidémies de peste, de choléra, de variole, les disettes, les violences, les pillages, causaient dans la population de terribles ravages. 

Le tableau de 1865 dans la Chapelle (Le peintre : François Etienne Victor Clinchamp 1797-1880,
professeur d’art dans les écoles de la Marine à Toulon sous la Restauration – 1814-1824, aussi présent à la Chapelle Saint-Louis Saint-Mandrier, à la Cathédrale Notre-Dame-de-Seds Toulon, à Notre Dame de Bonne Garde La Seyne-sur-Mer) représente
« un départ de pèlerinage pour demander la protection à Notre Dame lors des ravages du choléra dans notre région au siècle dernier. Au dernier plan de cette peinture à l’huile est peut-être représentée N.-D. du Mai, sur les pentes de la colline un cortège de pénitents s’apprête. Au pied d’un portique« antique » un médecin reçoit les suppliques des patients. Près de lui est posé un cercueil. A droite, en bas du tableau, traité dans le style néo-classique de l’époque, un prêtre assiste un agonisant dans ses derniers moments. »
(Source Marc Quiviger 1983)
Ici intérieur de La Chapelle de Notre dame du Mai avec la Visitation de Marie (deuxième tableau à gauche, inspiré de Mariono ALBERTINELLI 1503 Galerie des Offices, Florence).

Certaines confréries connaissent un élargissement des activités funéraires. ainsi celle de Six-Fours qui se consacre à l’ensevelissement des condamnés à mort mais aussi de «tous les pauvres et pauvresses qui mourront dans l’hôpital ou dehors, (de) tous les naufragés dans les ports et sur les côtés des mers de Six-Fours ».
Les Pénitents Gris ou « frères Bourras » allant à la Chapelle du Cap Sicié, en pélerinage de nuit, passaient par cet endroit vêtus d’une cagoule et munis d’une lanterne qui éclairait leur visage seulement, faisant penser à un défilé de masques… ». On imagine bien le spectacle lugubre et effrayant des ombres de la nuit accomplissant leurs inhumations notamment en période d’épidémie…voir la représentation du tableau de Dominique Antoine Magaud le peintre marseillais.

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