. »La Seyne, par sa position exceptionnelle, la facilité des communications, a réuni dans ses murs de nombreux étrangers. Ses habitants forment deux types bien caractérisés.
1° La population indigène. Vifs, hospitaliers, naturellement compatissants et généreux, les Seynois aiment surtout à braver l’Océan et ses tempêtes, et quand ils ont servi la France aux rivages étrangers, ils rentrent, au sein de la famille, où leur vie s’écoule tranquille et paisible sous la charme des souvenirs d’un autre âge.
2° L’autre partie de la population, issue d’une haute origine, et toute fière de ses grandes destinées, est loin d’avoir des habitudes à la hauteur de ses prétentions. Mais qu’on ne s’attende pas à nous voir lever ce voile qui révèlerait tant de misères ! Qu’on ne nous demande pas de tracer le tableau de ce qui se passe dans ces réduits sans lumière où s’abritent pêle-mêle, hommes, femmes, enfants, vieillards ! Ces détails humiliants nous feraient peut-être regretter une hospitalité que nous accordons avec tant de générosité et de bienveillance. » 

Dr Etienne Prat, ex-chirurgien de la Marine, médecin à La Seyne, conseiller municipal.  
(La Seyne : son épidémie cholérique 1865)

Les célibataires pouvaient occuper une chambre chez des parents déjà installés venus en éclaireurs ou mettre en commun leurs maigres économies pour partager un logement. Les hommes étaient plus nombreux que les femmes à immigrer. Les couples italiens avaient plus d’enfants que les couples français, mais une même famille avait souvent des enfants italiens nés en Italie et des enfants français nés en France, parfois dans plusieurs communes, vu la mobilité des familles. 

 Ce fut d’abord de l’hostilité et de la méfiance envers ces gens qui venaient « manger leur pain ». On les qualifiait de « Piantous » (Piémontais), de « Babis » (crapauds) ou encore de « Macaronis ». 

On les accusait d’être cause de chômage ou d’apporter des maladies contagieuses. (Ce que ne montrent pas vraiment les chiffres du Dr Prat concernant l’épidémie de choléra de 1865)

Travailleurs acharnés ayant fui la misère pour nourrir leur famille, avec des racines communes, une même religion, une faible barrière linguistique (surtout pour les Piémontais), ils finirent par s’intégrer en douceur…

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