À l’intérieur de l’église Notre-Dame-du-Bon-Voyage à La Seyne-sur-Mer :

Saint Pie V et la bataille de Lépante (Retable du XVIIe)

 Tableau qu’on aurait pu intituler : « Intercession du Pape dominicain St Pie V auprès de Notre-Dame du Rosaire pour implorer la victoire de la Chrétienté à la bataille de Lépante en présence de Ste Catherine de Sienne » (membre notoire de l’Ordre des Dominicains ayant elle-même reçu le Rosaire des mains de Marie…) 

Le tableau a été découvert en 1984 dans les combles de l’église de

Notre-Dame-du-Bon-Voyage*

Cette toile du 17ème siècle servit d’écran de cinéma pendant quelques temps.

Nous devons la découverte de cette oeuvre d’art à Monsieur Christian Fontaine, Conservateur de la Commission d’Art Sacré et Antiquité qui retrouva cette oeuvre dans les combles de l’église paroissiale. Intrigué par cette grande toile recouverte d’un enduit blanchâtre qui avait du servir d’écran de projection, il eu la curiosité de passer la tranche d’une pomme de terre coupée sur sa surface et vit apparaître un ange dodu tel que les peignaient les maîtres de la renaissance !

Une quête du passé allait alors commencer…

Il y avait aussi dans les combles de l’église Notre-Dame-du-Bon-Voyage les éléments d’un retable qui, reconstruit, s’avéra avoir été conçu pour recevoir la toile retrouvée.

Cette toile du 17ème siècle enchâssée dans cette boiserie aux colonnes torses décorées en pampres de vignes constituait très certainement le retable placé dans la chapelle du St Esprit situé dans I’enceinte du castrum du Vieux Six-Fours. 

Cette oeuvre d’art fut probablement donnée par les Consuls de Six-Fours  lors de la démolition de la Chapelle du St Esprit, à Ia communauté seynoise, en souvenir des liens qui unissaient nos deux communes. 

Elle est inscrite le 7 septembre 1988 et classée en 1992 aux Monuments Historiques sous le titre : Saint Pie V et la bataille de Lépante à La Seyne-sur-Mer Retable du XVIIe  

Plus tard les Hospitaliers de l’Ordre de Malte empruntèrent ce tableau de grande valeur pour une exposition à Nice. Il fut alors décroché, le retable démonté en plusieurs morceaux; ils étaient depuis entreposés, numérotés, dans une chapelle latérale où ils avaient été mis sous clé. 

C’est Marc Quiviger, (ex Adjoint aux Affaires Culturelles et aux Bâtiments Communaux pendant la mandature de Charles Scaglia), le 2l septembre 2008, lors de la visite de l’Eglise Notre Dame du Bon Voyage, qui attira l’attention sur le retable « qui est en train de pourrir dans une chapelle latérale de l’église ». Jacqueline Padovani, présidente de la Société des Amis de La Seyne, lança alors un appel en direction des services culturels de la ville.

Le Maire de La Seyne, Charles Scaglia, donna au Service Culturel Ia mission de conduire à bien la restauration de cette oeuvre. 

La remise en état de cet ensemble, mobilier, toile et boiseries comprises, s’était éIevée à la somme de 150 000 F, entièrement financée par la Municipalité. 

Monsieur Lacam, conservateur du Musée de Toulon prendra alors en charge et supervisera la restauration et interviendra auprès des différents organismes compétents. C’est Monsieur Boeuf , restaurateur d’art qui rénovera le retable (à la feuille d’or). L’école d’art de Vauvenargues est contactée pour la restauration du tableau.

Photo Henri Ribot
Photo Henri Ribot

Enfin, avec la compétence, le savoir-faire et le dévouement, retable et tableau nettoyés, protégés et rénovés reprendront place au fond de l’église…

Notre-Dame-du-Bon-Voyage La Seyne sur mer

Le contexte historique

La bataille navale de Lépante (7 octobre 1571) se déroule pendant la quatrième guerre vénéto-ottomane où s’affrontent la flotte ottomane de Sélim II et la flotte de la Sainte-Ligue, coalition chrétienne formée sous l’égide du pape Pie V, comprenant des escadres vénitiennes et espagnoles, renforcées par des galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes.

Elle apparaît comme un coup d’arrêt décisif porté à l’expansionnisme ottoman s’inscrivant dans le contexte plus général d’une lutte généralisée d’influence pour le contrôle de la Méditerranée…

La démesure de l’affrontement en fait un événement majeur (au moins 7 000 morts et 20 000 blessés chez les Chrétiens, plus de 20 000 morts ou blessés et 3 500 prisonniers chez les Turcs, sans compter ceux qui sont massacrés à terre par les Grecs révoltés, 12 000 forçats chrétiens libérés de leurs fers)… (Wikipédia)

L’expansionnisme ottoman sera irréversiblement marqué par la défaite de Lépante.

Le contexte religieux

7 octobre 1571 : Lors de cette bataille navale dans le golfe de Lépante, à la sortie du détroit de Corinthe, la situation des catholiques semblait désespérée. C’est alors qu’une Dame en robe de reine est apparue dans le ciel et qu’elle lança un regard si terrible aux Musulmans qu’ils manquèrent totalement de courage et s’enfuirent. (Source non confirmée).

Il s’agissait bien sûr de Notre-Dame du rosaire (Notre-Dame de la Victoire).

Dominicain avant tout, le pape Pie V est pétri d’une profonde dévotion à Marie et au rosaire que son père fondateur, Saint Dominique de Guzman, a donné à l’Eglise. Confiant en la puissance de cette prière des pauvres, il demande à toute la Chrétienté de prier quotidiennement le chapelet pour le salut de la civilisation fondée sur le Christ et portée par sa mère. Par obéissance au souverain pontife, la prière mariale s’est répandue et a recouvert la vieille Europe de son manteau étoilé, si bien que telle la Vierge de l’Apocalypse, Marie semble avoir écrasé l’ennemi sous son pied. C’est en tout cas vers elle que le pape se tourne ce 7 octobre 1571 après 17h, alors que de la fenêtre de son bureau il contemple en vision l’issue heureuse du combat de Lépante. Puis il se retourne et dit aux prélats qui l’entourent: « Allons rendre grâce à Dieu : notre armée est victorieuse ». Au même temps don Juan, victorieux, s’agenouillait sur le pont de son navire pour remercier Dieu de sa protection.

Les pensées de saint Pie V accompagnaient continuellement la flotte chrétienne. Jour et nuit, il la recommandait dans une prière ardente à la protection du Très-Haut. Lors d’un consistoire, le 27 août, le pape invita les cardinaux à jeûner un jour par semaine et à donner des aumônes extraordinaires. Il confia le 26 septembre 1571 à l’ambassadeur espagnol, qu’il jeûnait trois jours par semaine et consacrait de nombreuses heures par jour à la prière.

En commémoration de la bataille de Lépante, Pie V ajouta aux Litanies de la très Sainte Vierge, une invocation supplémentaire : « Secours des chrétiens, priez pour nous », et il ordonna l’institution de la fête de Notre-Dame des Victoires que Grégoire XIII fera ensuite célébrer, sous le nom de fête du Rosaire, chaque premier dimanche d’octobre dans toutes les églises.

Au soir de sa vie Pie V allait devenir le pape du Rosaire : après en avoir défini la forme (Lettre apostolique, Consueverunt Romani Pontifices, 1569) il s’en fit le promoteur pour invoquer la protection de Marie dans les dangers et la guerre qui opposait les Turcs à l’Occident chrétien.

Les scènes de donation du Rosaire représentent le plus souvent la Vierge offrant un rosaire à saint Dominique, le fondateur de l’ordre des Dominicains, mais aussi parfois à sainte Catherine de Sienne, considérée comme l’un des deux membres fondateurs avec Saint Dominique de Guzman.

Le tableau aurait pu être intitulé : « Intercession du Pape dominicain St Pie V auprès de Notre-Dame du Rosaire pour implorer la victoire de la Chrétienté à la bataille de Lépante en présence de Ste Catherine de Sienne « 

ICI : Notre-Dame-du-Bon-Voyage*

Sources :

Marc Quiviger (Adjoint aux Affaires Culturelles et aux Bâtiments Communaux) dans  « Mieux vivre à La Seyne » 1986

Dina Marcellesi (conférence enregistrée de Jean Pierre Prieux)

Jean Debout (Var-Matin)

Jacques Berger (Var-Matin)

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salve-regina.com

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sauvegardeartfrancais.fr

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