Sablettes-les-bains à La Seyne sur mer : les cabines de bain de Mar-Vive à St Elme.

« Jusqu’au XVIIe siècle, la mer, peuplée de monstres, labourée de tempêtes, avec des pirates qui rôdent sur les côtes, fait peur. Il est déconseillé de s’en approcher. Seuls les pêcheurs osent la défier. Alors l’idée des bains de mer n’est pas envisageable.

Ce sont les Anglais qui, les premiers, découvrent les vertus thérapeutiques des bains de mer, d’abord sur le littoral hyérois. Au milieu du XVIIIe siècle, la station d’Hyères et ses environs sont très recherchés par les Britanniques pour la villégiature hivernale. Plus tard, l’impact des récits de Tobias Smollett, médecin écossais, malade en repos à Nice, publiés outre-Manche en 1765, et la venue régulière de la famille royale d’Angleterre vont développer le littoral azuréen ».

« Les gens furent très surpris lorsque je commençais à me baigner au début du mois de mai. Ils trouvaient curieux qu’un homme apparemment poitrinaire plongeât dans la mer, surtout par un temps aussi froid, et des médecins prévoyaient une mort immédiate. Mais lorsqu’il apparut que, grâce à mes bains, je me portais de mieux en mieux, des officiers suisses en firent autant, plusieurs habitants de Nice suivirent notre exemple », écrit Smollett.

À partir de là, le discours médical exalte les vertus thérapeutiques du bain froid en milieu marin et s’appuie sur des références au thermalisme antique.

« Quiconque voit sortir de l’eau la pauvre créature qui prend l’un de ses premiers bains, qui la voit pâle, hâve, effrayante, avec un mortel frisson sent la dureté d’un tel essai et tout ce qu’il y a de dangereux pour certaines constitutions. (…) J’entends que, pour certaines personnes, il peut entraîner des effets mortels, anévrisme, apoplexie… », écrit le Hyérois Jules Michelet, historien, dans son pamphlet Les Bains de mer en 1861.

Le plaisir du bain de mer apparaît réellement au début du XXe siècle. Il fallait « se baigner », c’est-à-dire se tremper modérément dans l’eau de mer, pas plus de dix à quinze minutes par jour. À Nice, les plages de la Tour rouge ou du Lazaret, sur l’actuel boulevard Franck-Pilatte, font partie des premières à accueillir les baigneurs ». Article publié le 21 juillet 2014 à 12h35  Par Nelly Nussbaum dans nice-matin

Maillots de bains et bains de mer en 1900

« Au début du XXème Siècle, les bains de mer étaient surtout recommandés pour leurs vertus tonifiantes pour la santé. Mais on ne s’offrait pas à l’élément liquide sans s’entourer d’un luxe de précautions. Depuis la « cabine de bains » tractée par un robuste cheval qui vous conduisait au contact de la mer (tout en vous dissimulant aux regards indiscrets) en passant par le « Maître Baigneur » au physique de vieux corsaire et dont la stature rassurante semblait pouvoir défier toutes les tempêtes et les raz-de-marée imaginables, il restait encore à revêtir le costume approprié. Dans les années 1900, les maillots de bain, comme leur nom l’indique, « emmaillotaient » parfaitement le corps des intrépides sportifs, de la base du cou jusqu’aux chevilles. Nul centimètre carré d’épiderme n’aurait pu offenser la pudeur du Sénateur René Bérenger (1830-1915), lequel présidait à l’époque la « Société de protestation contre la licence des rues ». Au sein de cette société, le 4 Février 1906, l’abbé Antonin-Gilbert Sertillanges (1863-1948) dénonçait : « les obscénités immondes, les cartes postales immorales, les illustrations lubriques qui, sous le masque de l’art, courent librement les rues ». www.passionprovence.org/archives/2019/

« DÉFENSE DE SE DÉSHABILLER LE LONG DE LA MER « 

« Les cabines de plage apparaissent. Il convient de rester habillé : robe arrivant à mi-mollet pour les dames, avec charlotte tricotée en guise de chapeau, maillot et caleçon long pour les hommes. Il est d’usage d’éviter le contact direct avec le soleil, le bronzage, réservé aux paysans, étant encore assez vulgaire. On s’abrite sous des ombrelles, on garde son chapeau et on ne reste que peu de temps sur la plage : tennis, casinos, villas et stades hippiques offrent d’autres distractions. Une pratique lancée avec les congés payés

Guide bleu 1933

Entre 1920 et 1930, la saison estivale rejoint, en importance, la saison hivernale. Les plages sont alors équipées de restaurants ou de buvettes. On commence à pratiquer le bronzage légèrement vêtu, la natation, mais aussi le ski nautique, la voile légère ou le pédalo. Dès son lancement par l’Américain Franck Jay Gould, Juan-les-Pins s’affirme comme une station uniquement estivale. D’autres stations suivent, comme Cannes, favorisée par la naissance de la Croisette. L’instauration des congés payés en 1936 lancera définitivement la pratique des vacances à la plage.

Le torse nu est accepté pour les plus jeunes garçons et les jeux de plage apparaissent. Après la Seconde Guerre mondiale, les bains se libèrent – on apprend volontiers à nager -, les corps aussi : pour plus de confort, le corset tombe, à la ville comme à la plage.

Saint-Raphaël, Saint-Tropez et, comme le démontre un article du journal Le Littoral de 1938, Cannes, deviennent les stations balnéaires chics. « Il n’est pas contestable que la saison balnéaire est, cette année, plus brillante que l’an dernier. Jamais on avait vu pareille affluence sur nos plages, ni une telle floraison de tentes et parasols dont le bariolage anime gaiement le paysage. Les deux établissements de bains de la Croisette sont combles chaque jour. (…) La plupart des estivants, pour employer le jargon consacré, sont venus des régions voisines (…). »

Les couturiers en vogue à Paris (Jean Patou, Lucien Lelong ou Elsa Schiapparelli) s’emparent de celle du maillot de bain qui, au fil du temps, devient de plus en plus mini. Les premiers bikinis font leur apparition grâce aux starlettes du Festival du film de Cannes, dès 1955. Le tourisme balnéaire est lancé ». Article publié le 21 juillet 2014 par Nelly Nussbaum dans nice-matin

Sources :nice-matin Nelly Nussbaum, Cannes c’était hier par Bernard Vadon, éditions Alp’Azur, 1980. Côtes et gens de mer des Alpes-Maritimes, XVIe – XXe siècles.Archives départementales du conseil général des Alpes-Maritimes, édition 2000. Essai : Hyères, station d’hivernants au XIXe siècle par Marc Boyer.

St Elme :Tandis que chez Donat le maître pêcheur bien connu ( Café-Restaurant de St Elme « à la renommée de la bouillabaisse ») on nous prie de signaler que d’importantes modifications ont été apportées à son établissement, avec une superbe véranda en bordure de mer, et des cabines de bain confortables.

La véranda a été décorée par le peintre de marine Bonnet de Juvilly.

Au programme de l’établissement durant la saison estivale, bals, concerts d’amateurs, ainsi que des jeux divers. (Le petit Var Mai 1906)

12 oct 1906

« avec son grand salon vitré pour noces et banquets avec vue sur la mer, ses cabines de bain à 0,25 fr (linge non compris) ».

Mar Vivo :

Mar Vivo 1946 : La cabane en bambou.
Merci ‎Corinne Zanna Vigouroux‎ pour cette photo !
Dédée V : c’était un bar en hauteur qui se situait juste après ce que l’on appelle maintenant le Poséidon et le ruisseau ! que de souvenirs !! et pas mal fréquenté
Dédée V : nous en avions fait un dancing !! il se situait après l’allée Marie !

Michèle G : « A la cabane bambou, bambou » chantait Félix Mayol … nom donné à ce bar pour indiquer un lieu de « divertissements »… j’imagine 😉
Claude G : Au comptoir , il me semble que c »était Thérésio .
C
orinne Zanna Vigouroux : Tout à fait, c’était mon oncle.

NDLR : En fait, d’après l’histoire du bikini en France, il semblerait que cette photo date au plus tôt de 1956. « Dès son apparition sur les plages, en 1949, le bikini est interdit par la loi : en Espagne, Italie et France, c’est la chasse aux sorcières ! En 1951, sous un flot d’injures, le journal du Vatican Osservatore Romano annonce que les chevaliers de l’Apocalypse apparaitront sans doute en bikini. Les communistes disent que le bikini, en tant que marque de la bourgeoisie, attise la lutte des classes, le bikini coûtant un tiers du salaire d’une dactylographe « .(Patrick Alac, La Grande Histoire du bikini, éd. Parkstone)

à suivre…
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4 comments

  1. Je me souviens de la cabane Bambou en 46 , nous n’allions pas nous baigner à coté car il y avait le ruisseau , avec des eaux usées et ça ne sentait pas toujours très bon ! Notre terrain de jeux était les  » Flots Bleus  » et ses ruines. Qui peut me renseigner sur son histoire ? merci

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