Un campanile est une tour qui abrite des cloches servant à appeler les fidèles à la prière. Le mot vient de l’italien campanile … « clocher » en français, il est lui-même issu de campana qui veut dire « cloche ». Selon la tradition, ce serait l’évêque saint Paulin de Nole qui aurait installé les premières cloches dans les églises. Nola est une ville de Campanie, région du Sud de l’Italie qui a donné son nom aux cloches (campana) qui donnèrent ensuite leur nom à l’ouvrage qui les porte (campanile). Les campaniles existent en Italie depuis le haut Moyen Âge.

Ce terme peut aussi désigner en français une tour-lanterne ajourée, faisant office de clocher, mais aussi un édicule en bois ou en fer forgé qui porte les cloches sur une église, notamment dans le Midi méditerranéen (et donc à La Seyne, à l’église Notre-Dame-du-Bon-Voyage.

C’est au  XVI ème siècle que ces cages de fer forgé apparaissent. En Provence, les forgerons se plient à l’ordonnance italienne et organisent leurs campaniles en forme de lanterne surplombant un simulacre de coupole. 

A La Seyne Le campanile provençal, de style gothique attardé du XVII siècle figure sur l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques. La cloche de 1689 est classée au titre des objets mobiliers.

Selon Louis Baudoin, les cloches actuelles, au nombre de quatre, datent du second Empire. Elles furent fournies en 1862 par Émile Baudouin, fondeur à Marseille, qui déposa les anciennes.(la famille Baudouin sera à l’origine de la création d’une société marseillaise de construction de moteurs marins, les Moteurs Baudouin).

Pour la Noël 1862, quatre cloches sont mises en place à l’église paroissiale de La Seyne, en dessous de celle de 1689 qui domine le clocher.

Une cinquième cloche domine le clocher, au-dessus de la sirène. Elle porte le millésime de 1689, avec l’inscription suivante : « Des orages et des tempêtes, délivrez-nous Seigneur ! Marie, mère de la Grâce, priez pour nous ! Sébastien Geneval m’a fait : 1689 ».(Louis Baudoin)

Classée monument historique, cette cloche de 750 kgs porte sur son pourtour des inscriptions en latin qui disent : « De la foudre et de la tempête, délivre-nous Seigneur. Marie pleine de grâce, priez pour nous. Sébastien Geneval m’a fait : 1689 » (Var-Matin)

Les cloches primitives avaient été remplacées en 1787 par le sieur Reynaud, de Toulon, qui avait reçu en paiement les trois vieilles cloches enlevées plus la somme de 3.551 livres 5 sols (acte passé par la communauté de La Seyne le 12 avril 1787).

A cette occasion une cérémonie de baptême est organisée, avec pour chacune d’elles désignation d’un parrain et d’une marraine.

Mises en place pour la Noël 1862, elles ont eu pour parrains et pour marraines, le chanoine Eugène Vian étant alors curé de la paroisse :

— la première cloche, la plus importante (côté nord) : Marius Estienne, maire de La Seyne, et Anna-Maria Armand ; cette cloche sonne, chaque jour, l’Angélus et les offices ; elle est sous le vocable de la Bienheureuse Vierge Marie ;
— la deuxième (côté est) : Noël Verlaque, ingénieur en chef des Chantiers navals, et Ludovine-Jeanne Pelletier-Ricard ; elle est sous le vocable de saint Joseph ;
— la troisième (côté ouest) : le docteur Alexandre Chargé* et Charlotte Daniel ; elle est sous le vocable de la Bienheureuse Marie-Magdeleine ;
— la quatrième (côté sud) : le docteur Pierre-Étienne Combal
* et Mélanie-Magdeleine Lombard-Daniel*.

*Marie Madeleine Mélanie Lombard, Mme Clément Daniel, fut la marraine de l’une des quatre cloches du clocher de l’église paroissiale, le parrain en étant son oncle par alliance Etienne Combal. Elle et Clément Daniel eurent trois enfants dont Pierre Jules Henri Daniel 1850 qui deviendra un célèbre médecin homéopathe.

*Alexandre Dominique Chargé, le parrain de la 3e des cloches de l’église Notre-Dame-du-Bon-Voyage : Sa notoriété et sa prestance, furent peut-être des éléments déterminants dans le choix de carrière du petit Henri…

Noêl 1862 Mme Clément Daniel 1826 mère d’Henri 1850 marraine Sud avec comme parrain Etienne Combal et Ouest Alexandre Chargé 1810 parrain et Charlotte Daniel marraine

Le campanile mangé par la rouille qui a remplacé l’ancien en décembre 1985 a été conçu à l’identique par Barthélémy « Mimi » Bertolotto un maitre ferronnier entouré de compagnons chevronnés…, la pièce, qui pèsera plus d’une tonne, sera fabriquée sans soudure et sans contreforts dans l’atelier du chemin des Quatre Moulins, dans la plus stricte tradition de la ferronnerie. (J.D. Var-Matin)

Tout s’est fait au feu de la forge, au marteau et à la main. (J.B. Var-Matin)

Le 28 décembre 1985, sous un clair soleil d’hiver, avec grande précaution, un peu d’appréhension et beaucoup de patience, …avec la grande flèche de l’entreprise Renaudin, le nouveau campanile est alors monté aux 46 m de son clocher pour y prendre sa place, pour longtemps. (J.D. Var-Matin)

Photo doc. J.D.
Photo Christian Talon
Photo 25 juin 2021





Sources: Var-Matin, Wikipedia, Louis Baudoin, Les campaniles de Provence et d’Ailleurs.

Mise en forme PdP pour La Seyne en 1900.

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