« Notre petit vapeur traverse les lignes de l’escadre, le cap sur la bonne vieille tour de Balaguier, toute ronde et toute vide, et qui a l’air d’une énorme lanterne. Nous laissons à notre droite, au fond de la rade, la Seyne et ses chantiers ; plus près de nous, l’Eguillette, les dépôts de fulmi-coton et l’ancien fort, le « petit Gibraltar, » que Bonaparte enleva de haute lutte aux Anglais. La petite anse entre l’Eguillette et Balaguier n’est pas encore trop envahie par les villas modernes. Le restaurant du Père Louis est toujours là, modeste, confortable et fleuri, habile aux fritures improvisées et à la bouillabaisse délectable. Je me souviens avec attendrissement d’une belle soirée d’été où, après un fin dîner, nous regardions tous deux sur cette plage riante les pescadours bronzés qui tiraient gaiement la seine. Dans l’eau transparente, sous les mailles brunes du filet, frémissaient des milliers d’anchois, papillotage irisé qui amusait les yeux… »
Anonyme
À Toulon
Revue des Deux Mondes, 5e période, tome 21, 1904 (pp. 593-635).

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Le Père Louis
Article de MA.D. sur Var-Matin
mdalaine@nicematin.fr
Photos La Seyne en 1900
Claude Peigne Marius Estienne n’est pas le fils de Thomas, il a repris l’affaire en 1919 à son oncle, mais pas par héritage. Je suis sa petite fille je sais de quoi je parle
Noëlle Guigou en effet entre 1978 – 1980 le père Louis est devenu Manureva
Jean-Max Viennot Le Père Louis n’a pas été débaptisé en 1954, à la mort de son propriétaire mais bien après. J’y ai habité en 1962 et c’était toujours le père Louis. C’estt bien après qu’il a changé pour Manureva.
La Seyne en 1900 Marius est bien le fils de Louis, comme il est dit dans l’article ( réf.Jean-Claude Autran et Monique Estienne ). C’est lui qui reprend l’affaire en 1919, succédant à Thomas Armando et Jules Lacroix qui l’avait exploitée pendant presque vingt ans sous le nom de « Restaurant de Balaguier ». Leurs deux noms furent liés à une sombre histoire de casinos clandestins si je me souviens bien, expliquée pendant une exposition récente sur les casinos au fort de Balaguier…

Qui était le père Louis ?

Le père Louis était d’abord un fils, le fils ainé de Thomas Estienne, un paysan de Cuges, le premier de la dynastie à s’installer sur ce beau rivage de Balaguier, la « belle eau » en 1770 à l’âge de 26 ans et à y faire pousser de la vigne, lui qui est cultivateur et fils de cultivateur.

Le fils ainé de Thomas donc s’appelait …Jean mais on utilisait son deuxième prénom, Louis.

C’est lui, avec son frère André, qui transforma la modeste guinguette sise au milieu de l’anse, entourée de cabanes de pêcheurs, pour en faire un petit restaurant.

Patron-pêcheurs, gargotiers, cabaretiers, ils créent le « père Louis ».

Militaires, douaniers voisins, la clientèle buvait le vin de la vigne de Thomas et se régalait de la pêche des deux fils.

1851 c’est Ambroise un fils de Louis qui prend la relève et contribue à la renommée du restaurant qu’il exploite pendant 25 années.

Le tourisme se développant, la haute société se presse pour savourer la bouillabaisse et la langouste à l’armoricaine.

Avec l’arrivée du chemin de fer à Toulon (1859) puis le développement de Tamaris grâce à Michel Pacha qui ouvre des liaisons maritimes desservant le Manteau (1880), la réputation de l’établissement est maintenant bien installée.

Les trois fils d’Ambroise, Honoré François et Charles prennent la suite pendant une vingtaine d’années, leur frère Louis patron-pêcheur leur fournissant le poisson.

Puis se furent Thomas Armando et Jules Lacroix qui reprirent le « Père Louis »de 1900 à 1919 sous le nom de « Restaurant de Balaguier ».

Le fils de Louis, Marius reprend l’affaire et remonte le niveau gastronomique de l’établissement jusqu’à sa mort en 1954. Fernandel, Félix Mayol, Michel Pacha, George Sand, Cécile Sorel et tant de personnalités ont fréquenté l’endroit (Shirley Temple est citée dansant sur une table).

Marius fut le dernier Estienne restaurateur, ses trois frères Victor, François et Joseph continuant leur métier de pêcheurs.

Source : Chantal.campana@leseynois.fr

Puis Le « Père Louis devint le « Manuréva » dans les années 1980, puis le « Manuréva du Père Louis » en 2005 pour redevenir le « Père Louis » en 2020.

Père Louis (Mer sur Seyne n°16)
https://youtu.be/sMCos6aGtEA

… »Nous venions d’arriver au « Père Louis », celui-ci placé au bord de la mer, disposait en terrasse, ceint de balustrades, frémissant de fleurs dans le léger vent du soir étincelant de cristaux et d’argenterie sous les premières lampes…de ces lieux qui, dès qu’on y pénètre, vous donne l’impression que le bonheur qu’on y goûtera aura des allures d’éternité. 
Cela tenait je crois à un équilibre fragile entre le durable (la mer, les terrasses, les balustrades) et l’éphémère (les fleurs, l’éclat du cristal, la blancheur des nappes)… 
…Le « Père Louis » venait de déposait avec componction un plat de moules marinières de Balaguier, et du vin de Cassis… « et après nous aurons des rougets grillés sur des sarments… », « la vigne et la mer réunies » selon l’expression de mon hôte »… 

Henri Bonnier, « L’Enfant soldat » cité par Monique Estienne, Geneviève Bauquin 
De la mer à la table 
histoire de la famille Estienne à Balaguier 
(Regards sur l’histoire de La Seyne sur mer)

Mireille Niedda Le restaurant de mon arrière grand-père…. un très beau souvenir de famille… des personnages illustres, artistes de cinéma français et américains, hommes politiques parmi lesquels ma maman petite fille Estienne a grandi …

Mimi Pinceau


Magnifique vidéo qui retrace cette belle époque où mes ancêtres ont vécu et cuisiné… le dernier propriétaire , Marius Estienne était mon arrière grand-père , ma grand mère travaillait aux cuisines, ma mère se souvient d’y avoir vu les plus grand du show business et de la politique, elle se rappelle bien de Shirley Temple qui dansait sur une table … la belle époque… encore merci pour cette super rétrospective
.

Toulon, 27 décembre 184o 

« Rembarquons-nous, portons le cap au sud ouest, passons rapidement devant les ruines de la chapelle des morts, doublons le promontoire sur lequel est bâti le fort de l’Aiguillette, nous prendrons terre dans l’anse semi-circulaire située entre ce fort et la tour de Balaguier.

Pendant que dans la guinguette renommée, rendez vous de toutes les classes de la société, l’on préparera pour notre équipage et pour nous une ample bouille-à-baïsse, une bourride agaçante, que les crustacées convertiront le vert grisâtre de leur cuirasse en un rouge éclatant , que l’on ira ramasser des clauvisses, des praires, des dattes de mer, coquillages que quelques amateurs préfèrent aux huitres , nous irons visiter l’intérieur du fort de l’Aiguillette, nous monterons au fort Caire, et nous reviendrons par la tour de Balaguier, très disposés à faire honneur aux talents culinaires de notre hôte et à la cuisine provençale ».

PROMENADES  dans TOULON ANCIEN ET MODERNE. Par H• Vienne» , archiviste de la Ville» Dédiées auxToulonnais. 


Sources :

Revue des Deux Mondes, 5e période, tome 21, 1904 (pp. 593-635).

Article de MA.D. sur Var-Matin

Chantal.campana@leseynois.fr

Henri Bonnier, « L’Enfant soldat » cité par Monique Estienne, Geneviève Bauquin 
De la mer à la table 
histoire de la famille Estienne à Balaguier 
(Regards sur l’histoire de La Seyne sur mer)

PROMENADES  dans TOULON ANCIEN ET MODERNE. Par H• Vienne» , archiviste de la Ville» Dédiées auxToulonnais. 

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