« Située, en effet, au fond de la baie qui porte son nom, cette station paisible et ravissante est limitée à l’est par la pointe de Balaguier et à l’ouest par la villa qui a abrité pendant quelque temps l’illustre romancier. Protégé contre la violence des vents du nord par un vaste rideau de collines couvertes de pins et de beaux chênes lièges qui l’entourent d’une ceinture de verdure, Tamaris est baigné sur toute sa longueur par les flots de la Méditerranée ; et, grâce à la digue qui ferme la rade de Toulon, cette baie a été transformée en un lac doux et tranquille, que les ouragans ne peuvent agiter et dont les eaux reflètent continuellement l’éclat du ciel. C’est à peine si le souffle tiède et moelleux de la brise fait frissonner cette onde paisible en la caressant. A droite se déroule la belle plage des Sablettes, tandis qu’à gauche s’étale la grande rade de Toulon avec sa longue jetée derrière laquelle se profilent en pénombre les hauteurs de Giens et des îles d’Hyères. Enfin, les collines et la presqu’île de Saint-Mandrier forment le fond du tableau. »

(Tamaris, Sablettes-les-Bains, près la Seyne-sur-Mer Var et les environs, par le Dr Paul Sauze,… guide pour le malade et le touriste – 1888)

Antérieurement :

« C’est une colline couverte de pins parasols d’une beauté et d’une verdeur incomparables. Le golfe du Lazaret séparé d’un côté de la grande mer par une plage sablonneuse, vient mourir tout doucement au pied de notre escalier rustique. Au-delà de la plage, la vraie mer brise avec plus d’embarras et nous en avons, de nos lits, le spectacle. La tête sur l’oreiller, quand, au matin, on ouvre un œil, on voit au loin le temps qu’il fait par la grosseur des lignes blanches que marquent les lames. A droite le golfe s’ouvre sur la rade de Toulon, encadrées de ses hautes montagnes pelées, d’un gris rosé par le soleil couchant. Tout cela est d’un pittoresque, d’un déchiré, d’un doux, d’un brusque, d’un suave, d’un vaste et d’un contrasté que ton imagination peut se représenter avec ses plus heureuses couleurs. On dit que c’est plus beau que le fameux Bosphore, et je le crois, car je n’avais rien rêvé de pareil… »

(George Sand Correspondance À M. CHARLES DUVERNET, À NEVERS Tamaris, 24 février 1861.)

Pierre Auguste Renoir Tamaris France

Tamaris : 

 » On dit que c’est plus beau que le fameux Bosphore, et je le crois de confiance; car je n’avais rien rêvé de pareil, et notre pauvre France, que l’on quitte toujours pour chercher mieux, est ce qu’il y a de mieux.  »

(George Sand à son vieil ami Duvernet, 24 février 1861) 

Vincent Courdouan 

« Tamaris ?… lieu ! Tamaris, c’est joli, certainement, c’est coquet, léché même. Trop, justement. Le rustique Tamaris de George Sand est devenu une station à la mode. Et la foule, tous les dimanches, été comme hiver, y admire avec son heureuse candeur les perrons fastueux des hôtels, les élégances byzantines — ou turques, on ne sait pas bien — des villas meublées qui s’enorgueillissent de leurs rocailles artificielles et de leur inévitable palmier. Bien entendu, casino à Tamaris, casino aux Sa-blettes, petits chevaux, salle de spectacle, plage de sable fin : « la plus belle du Sud-Est… » Et quoi encore ?… »

Anonyme

À Toulon

Revue des Deux Mondes, 5e période, tome 21, 1904 (pp. 593-635).

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