Préambule : Jules César n’ayant pas évoqué le site des Mouissèques dans La Guerre des Gaules, on peut écarter d’emblée l’hypothèse d’une nouvelle localisation de la bataille d’Alésia qui s’y serait déroulée (donc pas de Parc Astérix à l’horizon 2021)…

Retour sur l’excellent article de Matthieu Dalaine sur le bois sacré …(sujet non encore abordé sur ce site)

…qui soulève la question d’un possible charnier dans cette zone en rapport avec la bataille du fort Caire où près de 4000 soldats des deux camps ont perdu la vie.

Voir Buonaparte à l’assaut de la redoute Mulgrave (1793)

L’ancienne chapelle des Mouissèques correspondrait bien à un lieu d’inhumation vraisemblable

Ce qui est établi :

1- L’actuel emplacement de l’atelier mécanique était le site de la chapelle des morts, un nom évocateur donné dans la première moitié du 19e à une ancienne chapelle de pêcheurs érigée près du rivage des Mouissèques, à proximité du port- abri (peut-être vers 1645).

2- Au milieu du 19e la Chapelle dite des morts est en ruine et son terrain est répertorié ainsi jusqu’au début du XXe siècle où il est vendu par la ville aux Forges et Chantiers de la Méditerranée en tant qu’une « bande poussiéreuse et nue de 10m sur 250m » ( il ne restait alors plus qu’un lavoir et un dépotoir le long du mur des chantiers attenants).

Dès le début des travaux en vue d’y installer l’atelier des turbines (ancien nom de l’atelier mécanique), « une certaine quantité d’ossements » y est exhumée et transférée au cimetière municipal (1906). La localisation de la chapelle des morts selon l’ingénieur Hydrographe de la Marine Pierre Béjat en 1840 donne ceci :

Ce qui correspond exactement à cet emplacement :

3- La bataille du Fort Caire sur le site du fort Napoléon fit en 1793 près de 4000 morts qu’il a bien fallu ensevelir rapidement et à proximité du lieu des combats. Il est vraisemblable que la chapelle des Mouissèques servit de sépulture à ces soldats, le nom de la « chapelle des morts » devenant alors une évidence pour les habitants du « hameau de Seine ».

Voir La chapelle des morts

Probablement aussi que le bois voisin, déjà consacré aux inhumations des victimes des épidémies fit lui aussi office de fosse commune…

Mais cela reste encore à découvrir…

Cadastre napoléonien 1829

Extrait de carte des « Environs de Toulon, golfe de Giens ». Date : 1896.
Nature : carte 1/25000.
Cote : 5 FI 54
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6 comments

  1. Lorsque je me promène près de ces lieux, il arrive que je ressente des choses très lourdes . Maintenant, je sais le pourquoi… Tant et tant de morts sous un si beau ciel, quelle misère…
    Merci pour le partage de vos connaissance

  2. Dans ses mémoires Napoléon se souvient : « Au milieu de l’obscurité, de la pluie, d’un vent épouvantable et du désordre, des cadavres et des cris des blessés et des mourants, on eut beaucoup de peine à organiser six pièces. Aussitôt qu’elles commencèrent le feu, l’ennemi renonça à ses attaques et battit en retraite. Peu de moments après, le jour parut. Ces trois heures furent trois heures d’anxiété et d’inquiétude. Ce ne fut qu’au jour, et lorsqu’on était maître du fort depuis longtemps, que les représentants de la Convention vinrent, le sabre à la main, d’un air décidé et luron, complimenter les soldats ».(Tome 3 Général Montholon)

  3. Concernant Bois Sacré :
    Je note, comme cela est bien expliqué dans l’article de Mathieu Dalaine, que « le dossier archéologique du domaine de Bois Sacré est bouclé », que les archéologues, bien que connaissant la possible existence d’une fosse commune, après avoir creusé une quinzaine de tranchées, n’ont rien trouvé sur les parties boisées. Je ne doute pas que les archéologues aient réalisé leurs fouilles dans les règles habituelles. Mais je reste quand même « sur ma faim » et je me pose encore quelques questions.
    Premièrement, je dispose du témoignage d’une seynoise septuagénaire, dont l’arrière-grand-mère est morte du choléra et qui [d’après un souvenir qui s’est transmis de génération en génération] aurait été ensevelie, avec de nombreux autres cadavres recouverts de chaux vive, dans une fosse commune [je cite] « dans ces lieux qui seraient devenus ainsi les Bois Sacrés » (C’est la mémoire familiale qui parle ; elle vaut ce qu’elle vaut).
    Deuxièmement, les conditions selon lesquelles devaient être ensevelis à l’époque les corps de victimes d’épidémies mentionnent des « fosses de six pieds de profondeur ». Or, les trois seules sépultures retrouvées n’étaient qu’ à 1,20 m de profondeur. Les fouilles qui ont eu lieu sont-elles allées jusqu’à six pieds ?
    Troisièmement, les fouilles ont été effectuées sur les parties boisées [actuelles]. Les parties boisées étaient-elles au même endroit il y a un siècle et demi ?? (On connaît maints endroits où d’anciennes forêts ont laissé place à des zones agricoles, ou à l’inverse, des secteurs plantés en vignes qui ont été aujourd’hui envahis par les pins d’Alep). Or, sur un domaine de 5 ou 6 hectares, si l’on a sondé que seulement 7 %, comme le prévoit la loi, comment être certains qu’on n’est pas passé à côté de possibles fosses communes, qui ne se trouvent peut-être pas sous les zones boisées actuelles ?

    1. Merci de vos commentaires. Effectivement où sont tous ces cadavres ? Les centaines de victimes du choléra de 1865 du foyer épidémique très proche du bois sacré et les milliers de soldats morts au cours de la bataille du fort Caire en 1793 dont on sait qu’une partie des corps au moins furent déterrés du terrain de la chapelle des morts pour y être transférés au cimetière. Ce terrain (dont l’appellation est postérieure à 1793), quand la ville le vend aux FCM en 1906 est décrit comme aride (« une bande poussiéreuse et nue »), mais qu’en était-il antérieurement ? Quant à la zone Mouissèques-Bois sacré ayant fait partie des 400 hectares achetés par Michel pacha en 1880, avait-elle été partiellement assainie et déboisée ? On voit sur les cartes postales où figure l’atelier des chaudières (post 1895) que la pinède s’étend jusqu’à la mer. Pour ma part, le sous-sol de l’atelier mécanique renferme une partie de la réponse; j’imagine bien les ravages provoqués sur les troupes de la coalition en débandade vers les rivages voisins décimées par les boulets de canon retournés contre eux à partir de Mulgrave (enterrés sur place avec tous les autres soldats morts sur les lieux du combat rassemblés en contrebas ?)…Peut-être cette zone était-elle devenue 50 ans plus tard, de la propriété Caire au petit port-abri et à la petite chapelle des pêcheurs une entité boisée sanctuarisée par sa vocation funéraire datant de 1793…En tous cas les morts de la chapelle ne font pas référence aux victimes du choléra de 1865 puisque la dénomination « Chapelle des morts » eut cours dans la première moitié du 19ème jusqu’à sa ruine attestée dès 1840…

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