Allez, pour s’aérer un peu les neurones, un quizz…politique ! en toute impartialité bien sûr…
Il s’agit de deviner un évènement local à partir de cette magnifique statuette offerte à une personnalité seynoise pour sa nomination à une distinction honorifique nationale :
cette statue représentant un ex éxilé politique fut offerte à un autre ex éxilé politique à l’occasion de la remise d’une décoration créée en 1802 par Napoléon Bonaparte alors premier consul symbolisant la reconnaissance par l’état du mérite individuel acquis et non transmis. cette cérémonie concerne un édile seynois…

1-Quel homme illustre la statue représente-t-elle ?


Indices :
Ce personnage historique, comme cela a été dit dans l’intitulé a connu l’exil politique.
Ce n’est pas Michel Pacha mais les deux familles étaient liées…
Le fils de ce personnage vint souvent franchir le portail aux deux lions blancs à Tamaris…
Son nom a donné naissance à des adjectifs, l’un plutôt flatteur (stylé,emphatique), l’autre plus péjoratif (lourd, excessif,ampoulé) et à un substantif caractérisant un style littéraire pompeux. Curieusement ces termes qui définissaient l’homme déjà de son vivant sont actuellement encore usités.

Cette magnifique statuette fut offerte à une personnalité seynoise, un cadeau hautement symbolique… 

2-Quelle est l’année de cet évènement ?

Cette année là…

Onze ans que La Seyne ne fait plus partie du Canton d’Ollioules mais a accédé elle aussi à ce statut associée à Six-Fours.

Revenons sur le climat politique de l’époque :
�La punchline du moment c’est « La République aux Républicains ». 
La période est marquée par une forte identité démocratique, que les grandes lois sur l’Instruction, la laïcité, les droits de grève, d’association et de réunion illustreront. 
Les Conservateurs (jusqu’ici majoritaires depuis dix ans dans le pays alors que La Seyne et tout le Var soutenaient les Radicaux Républicains) viennent de subir une défaite nationale…�Deux lignes politiques s’affrontent chez les Radicaux, non pas les Mondialistes contre les Souverainistes mais plutôt les Opportunistes contre les Intransigeants… 
La Ville est en pleine croissance économique et démographique. 
La municipalité seynoise radicale doit gérer les oppositions locales des Conservateurs et des Républicains Opportunistes. 

Le nouveau destin de Tamaris 

La Corniche de Tamaris est encore un paysage de coteaux déserts, baignés par la mer et recouverts de tamaris, de myrtes, de lentisques, un endroit paisible identique à celui où Georges Sand vint chercher en 186l un repos salutaire.
Le ministre de la Marine avait adopté le principe de la construction d’un système de jetées en pierres établi entre le Mourillon et la presqu’île de Saint-Mandrier, l’ouvrage étant destiné à se prémunir contre une intrusion dans la rade en vue de torpiller les vaisseaux au mouillage. 
Les travaux avaient commencé depuis trois ans. Un an plus tard La grande jetée sera achevée.
Michel Pacha (Comte de Pierredon), directeur général des phares et balises de l’Empire ottoman fut séduit par la beauté de cette baie rappelant le Bosphore d’Istanbul. 
Il décide d’entreprendre des travaux gigantesques pour transformer cette butte boisée de 60 ha, en station climatique et touristique destinée à accueillir la bourgeoisie française et étrangère.
Pour créer sa station climatique il vient d’ acquérir quatre cents hectares couvrant les quartiers des Mouissèques, du Manteau, du Bois Sacré, de Tamaris, des Sablettes et de l’Evescat. 
Il se réservera huit hectares pour construire sa résidence personnelle, un magnifique château entouré de splendides plantations. Cet aménagement durera vingt ans. 
Michel Pacha va créer la station estivale et hivernale de Tamaris, décidant de faire de la corniche une véritable petite ville.
Des centaines d’ouvriers se mirent au travail : terrassiers, maçons, charpentiers. La main d’oeuvre locale s’avérant insuffisante il fallut faire appel aux Italiens du Piémont pour la plupart.
400 ouvriers transalpins viendront aménager la Corniche de Tamaris à La Seyne-sur-Mer sur décision de Michel Pacha, alors maire de Sanary.
C’est toute une flottille de bateaux lesteurs qui est mise à contribution. Cet établissement nécessite en effet de combler les marais de l’anse du Lazaret et des Mouissèques – à l’endroit qui deviendra la Corniche de Tamaris -, mais aussi d’acheminer les pierres de Cassis qui serviront à édifier un château, un casino et de luxueuses villas sur la colline. Ces crapauds d’Italiens (les babis) s’entassent par milliers au quartier de la lune (cruellement décimé quinze ans auparavant par l’épidémie de choléra) et dans le centre de la cité.
Ces italiens seront le ciment de l’évolution économique et industrielle locale (20 % de maçons chez les Italiens actifs). 
L’immigration a permis un développement qui n’aurait pas été possible si les patrons et grands industriels s’étaient contentés de la main d’œuvre locale et c’est notamment grâce à cette population que la commune est passée « du bourg provençal à la cité cosmopolite ».

Cette statue de Victor Hugo fut offerte en 1880 au personnage que nous recherchons par un cercle politique local ( les partis n’existaient pas à cette époque), la démocratie seynoise.

3-Qui est le Seynois honoré à cette occasion ?

Et quel surnom lui donnait-on ?

Je sais que vous avez la réponse. Vous êtes décidément trop fort(e)s ! Il faut dire que vous êtes très assidu(e)s à mes publications et que nous avons les mêmes références (Louis Baudoin, Marius Autran, René Merle, etc, etc…)
Je ne donnerai aucun autre indice que celui-ci : Sa mémoire vient d’être symboliquement effacée. 
Pourquoi ?

« Dans les années 1860, malgré les intimidations officielles, il est l’un des dirigeants de la gauche radicale à La Seyne. Qu’on ne donne pas au mot « radical » le sens de parti politique. Les partis politiques au sens moderne n’existent pas en France avant la fin du XIXe siècle, et tous les courants politiques se structurent autour de cercles, de journaux, de personnalités partageant peu ou prou les mêmes opinions. Au plan seynois, il sera jusqu’à sa mort une de ces personnalités.

À la chute de l’Empire, en 1870, alors que les électeurs donnent à la Troisième République une majorité conservatrice, les Varois soutiennent les républicains radicaux. À la naissance de la République, le canton de La Seyne, fraîchement créé, le choisit comme conseiller général (radical), il le demeurera jusqu’en 1892.
Après la chute de l’Empire, il fut élu, en 1876, maire de La Seyne et le demeura pendant six ans, jusqu’en 1882. Devenu également conseiller général du Var, il s’occupa activement de ses électeurs et de sa commune mais dut faire face à de sévères oppositions étant ardent républicain.

Dans cette période de république conservatrice, le préfet crée de nombreuses difficultés à la municipalité républicaine de La Seyne. Les années 1871-1876 sont tumultueuses. Mais les Seynois confirment leur engagement en élisant en 1876 une municipalité radicale qui se donne pour maire ce personnage.

Appliquant un point essentiel du programme radical, sa municipalité a été marquée par un important développement de l’école publique, gratuite et laïque, et ce bien avant les grandes lois scolaires des années 1880.

Fidèle aux idéaux de sa jeunesse, et persuadé que la démocratie est le seul moyen de promouvoir les réformes sociales, il ne partage en rien les idéaux collectivistes du socialisme naissant. Mais il est sensible aux revendications du monde ouvrier. En juin 1872, il soutient par sa médiation les grévistes des Forges et Chantiers. En 1879, il frôle la révocation pour avoir accueilli Blanqui, le dirigeant révolutionnaire enfin libéré, venu saluer ses amis seynois.

Après 1879, qui voit la défaite nationale des conservateurs, et l’avènement de “la République aux Républicains”, les radicaux se divisent entre “opportunistes” et radicaux “intransigeants”. Les frères de la veille s’opposent violemment. À l’opposition des milieux conservateurs seynois s’ajoute dorénavant celle des républicains opportunistes. Malgré le soutien du grand quotidien Le Petit Var, dirigé par le maire radical de Toulon DUTASTA, sa municipalité n’y survivra pas, et, de 1882 à 1886, La Seyne verra se succéder cinq maires. Mais il demeure conseiller général, malgré les violentes attaques (en français et… en provençal !) des amis de Noël Blache et du Petit Toulonnais de Dominique. À ces oppositions politiques se mêlent de complexes affrontements personnels et des controverses sur les réalisations municipales à mener dans une cité en pleine croissance.

Réponse à la question « symboliquement effacée »…….(pendant le confinement de 2020, la plaque commémorative en plexiglass a été enlevée)

Attention divulgâchis ! La photo de la première pharmacie de M. Cyrus Hugues « l’Apouticari » vers 1885 à l’angle de la place du Marché et de la rue de la Paix, ex rue Bourbon et future rue Cyrus Hugues face à l’actuelle Pharmacie Armand devenue pharmacie Huillet puis Carboni…Bibliographie : M.&J.C Autran (Archives complètes), Louis Baudoin (Histoire de La Seyne), René Merle (Association 1851), Thierry Lefebvre (Le parloir aux curieux), collection privée (Documents et objets originaux)
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