1- Jean Armand pharmacien.

Rappel : Cyrus Hugues décède le 24 février 1896 à l’âge de 73 ans. La rue de la paix est rebaptisée à son nom le 22 mars de la même année.

C’est donc Jean Armand son beau-frère qui prend la direction de la pharmacie (fondée en 1853) qui s’appellera Hugues-Armand, célèbre entre autres pour son tonique anti glaireux de Hugues…Cours Louis Blanc et rue Cyrus Hugues, 14.

Jean Armand, barbe et casquette…

La pharmacie Armand joua un rôle capital pendant l’épidémie de « grippe espagnole » en distribuant en grande quantité pour l’alimentation des malades du bouillon de viande, avec l’aide du pharmacien Le Boterf. (Autran)

Le 30 juin 1919 lettre adressée au conseil de l’ordre des pharmaciens par Marcel Armand et sa mère afin de maintenir ouverte la pharmacie au décès de M. Jean Armand, sous la surveillance d’un autre pharmacien (Laurent Léopold).

Il la tiendra jusqu’à son décès en 1919.

Il sera maire de 1909 à 1910 (cf infra). 

C’est son fils Marcel né en 1891 qui, de retour de Verdun, et par le fait n’ayant pu finir ses études, avec sa veuve de mère, assumera l’intérim de l’officine, sous le contrôle du pharmacien Laurent Léopold. (Laurent Léopold –  7 avenue Gambetta membre du bureau de l’USS dès 1902,  pharmacien du quai Regonfle)

Marcel épousera Jeanne Labatut, « pharmacien de 1ère classe » qui gérera la Grande Pharmacie Armand jusqu’en 1976. « 14 rue Cyrus Hugues et angle Place du Marché »

Jeanne Labatut

2- Jean Armand maire.

Le 3 mai 1908 Henri Pétin (liste nationaliste) est réélu aux municipales contre la liste socialiste Porre.

Premier trimestre 1909 :

Rapportée quotidiennement par des journalistes (qui savaient si bien écrire) les discours de ces hommes politiques (qui savaient si bien parler), la campagne électorale en vue des législatives de 1909 s’achève après la tournée varoise des deux candidats dans un climat marqué par un clivage exacerbé par la lutte des classes et l’anticléricalisme.

Pour bien comprendre ce que fut le mouvement anticlérical de ces temps-là voir à propos du citoyen Dutasta l’affaire de La Croix du cimetière de Toulon http://jcautran.free.fr/oeuvres/tome4/dutasta_et_la_croix.html

Dans « Le Petit Var » (LPV), journal socialiste républicain fondé par Henri Dutasta (l’ancien maire de Toulon, puis député et conseiller municipal mort en 1889 un 14 juillet !), les diatribes étaient le plus souvent signées par un certain Jules Juès commerçant, qui deviendra plus tard maire de la ville…

En point d’orgue de la campagne Renaudel, le candidat empêché de parler à la bourse du travail, harangue son public du balcon du café Gaudemard  aux cris de « à bas la calotte, sus aux chantiers de La Seyne, et demain aux urnes! »

 Ses partisans défilent en chantant l’internationale.

Le 7 mars 1909 c’est pourtant Henri Pétin qui est élu contre Renaudel. Comme annoncé pendant sa campagne, le député Pétin se déclare démissionnaire de son mandat de maire.

Le 12 juillet 1909 c’est Jean Armand « une personnalité seynoise avantageusement connue et jouissant de l’estime générale » (d’après La République du Var LRDV) qui est élu maire de La Seyne au sein du conseil (par 13 voix contre 12).  Grosprêtre est élu adjoint spécial de Saint-Mandrier (lui aussi par 13 voix contre 12). 

Jean Armand, barbe et casquette, au volant d’un magnifique torpédo.

Les déceptions sont amères parmi les laissés-pour-compte.

Henri Pétin fait un discours de départ décrivant la mauvaise situation financière de la ville, ce qui n’augure rien de bon pour son successeur  … 

Jean Armand élu de justesse annonce une orientation de son mandat dans la voie des économies, et provoque la scission dans son groupe lors de l’attribution des délégations au sein du conseil municipal. 

Deux clans vont alors s’ y opposer, la crise va durer plusieurs mois, émaillée d’intrigues et de querelles internes. Il n’y aura pas de « conciliation républicaine ».

Le 22 juillet 1909, 16 Conseillers démissionnent dont le premier adjoint Lions (qui voulait la délégation des travaux) et le deuxième adjoint Lauro. 

 Le 17 août 1909, le citoyen Renaudel  « rédacteur de « L’Humanité », « aux appointements mensuels de 300 francs », « militant sincère et intègre » à sa tête (LPV), le comité radical socialiste forme une liste parmi les « unifiés collectivistes »(LRDV) pour remplacer les 16 démissionnaires.

Le 21 août 1909, Henri Pétin donne sa démission de conseiller municipal pour ne se consacrer qu’à son mandat de député et « ne voulant pas se présenter, ayant des amis dans les deux camps, comme un obstacle au rapprochement des groupes de gauche séparés seulement pour des questions de personnes » d’après lui.

Le 12 septembre 1909, premier tour aux élections complémentaires pour remplacer les 17 Conseillers : « forte » abstention du corps électoral : 4610 inscrits 1748 votants (sur 20 000 habitants). Victoire du parti républicain socialiste au deuxième tour.

Le 25 septembre 1909 Jules Juès est élu 1er adjoint (25 voix sur 27), 2ème adjoint Tisot du même groupe. Dans le deuxième semestre pas grand chose ne se passera, on gère les affaires courantes (la propreté des rues), on essaie de « faire cadrer les dépenses avec les recettes » et on boucle la souscription publique pour l’érection d’un monument au cimetière en l’honneur de Saturnin Fabre. L’inauguration du caveau se fait le 24 octobre en présence du maire et de son premier adjoint Jules Juès.

Jean Armand donne sa démission « formelle et définitive », les Unifiés entendant diriger les affaires communales, leur siège étant le Café de France où se réunissaient « les conspirateurs de l’ancienne municipalité », la continuation donc des « chapelles occultes »…(LRDV). 

Armand retire sa démission dès le lendemain.

Le 23 novembre 1909, redémission du maire ! On reconnaissait que M. Armand était « un honnête homme mais que malgré la pureté de son coeur il n’avait pas assez d’estomac pour faire un maire » (LPV 03/12/09).

Retrait de la démission.

Le 19 décembre 1909, à Toulon élections municipales : 33 candidats de la liste « réactionnaire » élus (le bloc républicain de défense de intérêts économiques) contre 3 de la liste républicaine socialiste.

En Février 1910, M. Armand, toujours maire, conduit une délégation à Paris présentée par le député Pétin aux différents ministères concernés en vue de défendre les intérêts de la construction navale seynoise contre la concurrence étrangère, allemande en particulier.

Le 18 mars 1910, 9 membres du conseil municipal donnent leur démission dont le maire (« qui n’avait pas les qualités requises pour administrer lui tout seul les affaires d’une ville aussi importante que La Seyne, malgré les conseils et le concours loyal des élus socialistes » selon LPV) qui la retira aussitôt pour la représenter à nouveau («  ce maire qui n’a pas de volonté mais subit celle d’ autrui »toujours selon LPV)

Aux législatives du 8 mai échec du citoyen Renaudel  contre Coreil « le candidat fortuné, concessionnaire d’un parc à huitres, fonctionnaire à 9000 francs par an » (LPV).

Le 26 juin 1910 aux élections complémentaires c’est la victoire socialiste des unifiés contre les radicaux socialistes.(4614 I. 2514 V.)

Le 30 juin 1910 c’est Jules Juès par 25 voix sur 26 qui est élu maire de La Seyne (avec 11 conseillers élus), le citoyen Tortel devenant le premier adjoint.

Un franc-maçon en chassait un autre. 

Ce sera la première municipalité entièrement socialiste.

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