Préambule : Un vieil adage prétendait qu’on ne pouvait manger des coquillages que les mois en R, surtout pour les huîtres depuis une ordonnance de Louis XV.

Il est une constatation amusante, chez les de Jouëtte, toute cette dynastie de conchyliculteurs porte un prénom commençant par un R : René, Roger et Robert.

A ce stade il faut se rappeler la définition de ces élevages maritimes : La conchyliculture concerne les coquillages en général, la mytiliculture les moules, l’ostréiculture les huîtres et la pisciculture les poissons (principalement le loup et la daurade).

Historique de l’aquaculture locale :

1856-1859

Il est rapporté qu’en 1856, à la fin de la guerre de Crimée, les amarres des navires désarmés qui mouillaient pendant des mois dans la petite rade se recouvraient de moules, pour le plus grand bonheur des marins…

Un chapitre Ostréiculture-pisciculture a  été créé au budget de la Marine dès 1859. 

Victor Coste et la révolution aquatique du XIXe siècle :                                                                                                    C’est Victor Coste en 1862, un grand scientifique spécialiste en embryologie sous Napoléon III, professeur au Collège de France, (puis président de l’Académie des Sciences en 1871), qui se voit confier la charge d’inspecteur général de la pêche fluviale puis de la pêche côtière et maritime, avec un financement exceptionnel (un aviso à vapeur, le Chamois, lui est même attribué pour ses déplacements).                                                                                    Il découvre les parcs du lac de Fusaro près de Naples (avec leurs bancs artificiels d’huîtres importées du golfe de Tarente) et la maîtrise des Italiens pour le captage (« Voyage d’exploration sur le littoral de la France et de l’Italie » 1855), activité déjà connue des Romains de l’Antiquité, et participe au (lent) développement de l’ostréiculture en France, avec entre autre des expériences en Méditerranée où des huîtres anglaises sont importées et semées. 

 Les résultats sont décevants (St Tropez, La Seyne, Port-Miou, Port-de-Bouc, Thau)et les travaux de Victor Coste, son accointance avec le second empire, et même sa personnalité, seront plus tard vivement critiqués, à la fois par un autre scientifique Charles-Auguste Millet (qui, lui, ne remettait pas en cause le but à atteindre) et par le commissaire de la Marine J. Rimbaud qui en attaquait le principe même :

 » L’aquiculture est une frivole invention… un amusement scientifique », etc…                                                          Coste n’en restera pas moins un pivot essentiel qui marquera le passage d’une science de laboratoire à une science appliquée, créant un modèle d’exploitation des eaux…

1860-1888

On comprend ainsi pourquoi en 1860 les premiers essais d’élevage des moules dans la rade de Toulon ne furent guère soutenus par les Pouvoirs Publics.

Coste importa en 1860 une grande quantité d’huitres d’ Angleterre et les répartit entre l’étang de Thau et la baie de La Seyne où vivaient naturellement huitres (dont les grosses huîtres « pied de cheval »), moules, clovisses, violets et même présente à cette époque à Brégaillon la « pinna nobilis », grande nacre de Méditerranée, sorte de palourde géante actuellement classée en danger critique d’extinction).

L’emplacement choisi fut proche du rivage de la chapelle des morts*, avec un bugalet au milieu de ces pannes flottantes. Les résultats de la première année furent très encourageants, tous les collecteurs se couvrirent de naissain, mais dans les deux années suivantes aucune reproduction ne se fit.

Par contre toutes les pannes flottantes avec leurs chaines se couvrirent de superbes moules, en grappes énormes et d’une saveur excellente. Même les clovisses emmenées là avec les huitres s’étaient multipliées. Malheureusement, les vents de nord-ouest, les bigorneaux perceurs, les braconniers (les « ravageurs ») eurent raison de ce parc qui fut abandonné à la fin de l’année 1864.

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Millou 1891

Plusieurs demandes de création de parcs furent formulées en baie de Seyne par divers particuliers, potentiellement menaçant le champ d’exploitation des pêcheurs déjà contraints par les servitudes militaires.

En octobre et décembre 1861 furent écartées les requêtes du docteur Chargé*, du lieutenant de vaisseau en retraite Olivaud, de M. Paulin Gros* notre chef mécanicien aux Messageries Maritimes (qui lui sollicitait 6000 m2 à l’ouest de la Chapelle des Morts) qui va devenir fabricant d’huile dans le centre ancien.

Seul le docteur Chargé obtint en août 1862 la concession d’un petit parc de 120 m2 devant sa maison de campagne à Tamaris qui ne donna pas les résultats escomptés.

« En 1865 une grave épidémie de choléra à Brégaillon, déclenchée autour de ses sagnes insalubres du marais des Launes à ses pieds, fit dans ce quartier 600 morts. Le delta du grand-vallat au sud, descendant des collines d’Ollioules et les routines stagnantes au nord, étaient les vecteurs de toutes les maladies.

Les parcs à moules qui étaient plantés dans la darse de Brégaillon, suspectés à raison de transmettre les fièvres typhoïdes, furent finalement supprimés et reconstruits au Lazaret ». (Source Jo Dechiffre)

En février 1877, M. Malespine, déjà titulaire de deux madragues dans les eaux du Brusc obtint sans difficultés une concession dans l’Anse de Brégaillon ».

Le parc fut exploité avec bonheur (particulièrement appréciées les huitres venues d’Arcachon, les clovisses, les praires, et surtout les moules qui prospéraient tellement qu’il fallut les isoler pour protéger les huitres !) jusqu’en 1884, puis il périclita « pour des raisons financières d’ordre privé » jusqu’en 1888. 

La construction de trois digues orientées Nord-Sud dont la principale de 1500 m face à Balaguier, destinées à fermer l’entrée de la petite rade de Toulon fut l’objet d’un décret d’utilité publique le 6 juin 1877, et le marché fut passé en 1879.

« L’ensemble de ces jetées telles qu’elles se montrent actuellement fut terminé en 1883.  Ainsi la baie du Lazaret protégée des forts courants du vent d’Est devint un lieu propice à I élevage des coquillages ». (Jean Bouvet)

C’est alors qu’un homme intelligent et résolu, M. René de Jouëtte arriva dans le pays…

Henri Louis René de Jouëtte (1847-1933) 

Il possédait à Bonifacio depuis le mois de juillet 1883 un parc qui, après d’innombrables difficultés dont les pillages, (il repoussait les « ravageurs » à coup de marteau d’armes, le « casse-tête »), assurait en grande abondance la reproduction de l’huître méditerranéenne mais les débouchés manquaient au port de Bonifacio pour l’exportation de ses produits.

Sans abandonner ce parc il sollicita en novembre 1888 la concession d’un emplacement domanial dans la baie du Lazaret, demande refusée pour les raisons expliquées plus haut (la gêne pour les pêcheurs) ; Il déposa un autre projet en 1889, refusé aussi. 

A Bonifacio, René ne manquait pas de régater à la voile, une passion qu’il transmettra d’ailleurs à son fils et petit-fils…d’où cette impressionnante collection de leurs médailles…(y compris dans d’autres disciplines sportives !)

1889

C’est alors qu’il imagine un dépôt flottant, une sorte de radeau tenu par des ancres et potentiellement mobile, et il demande une autorisation de mouiller devant les Mouissèques près de l’ancienne huîtrière de La Chapelle des morts, demande qui fut acceptée ! (Parallèlement il obtient la concession d’un parc à Port-Miou semblable à celui de Bonifacio)…

il établit alors son parc flottant dans les eaux de la Rouve, de 60 m de long sur 21 m de large, fait de 128 compartiments : 64 pour les moules, 64 pour les huîtres, le naissain des coquillages provenant de Corse.

Il est le premier qui ait réussi à cultiver l’huître méditerranéenne.

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Sa participation en 1889 à l’exposition internationale de Paris lui vaudra cette médaille. ( A cette occasion il assistera aux toutes premières illuminations de la tour Eiffel érigée l’année précédente ). Le jury international a estimé que toutes ses inventions à La Seyne pour son radeau flottant de 1000 m2 (une installation de 400 compartiments propice à l’engraissement des huîtres) et en Corse pour sa technique de recueil du naissain, « toutes ces inventions et d’autres encore autorisent à considérer M. de Jouëtte comme l’un des fondateurs de l’ostréiculture dans la Méditerranée. Le jury a exprimé son espérance que le plus brillant succès couronnera tant d’efforts, en décernant à M. de Jouëtte une médaille d’argent« .

D’autres récompenses prestigieuses lui seront attribuées et les coquillages de la rade de Toulon auront une réputation internationale. Des subventions lui furent accordées afin de dispenser son expertise y compris en Norvège.

—En 1890 il occupe donc 10 000 m² à Brégaillon où la famille de Jouëtte y possède le Château Vert.

Il existe alors plusieurs procédés de culture de la moule : les moulières à plat qui nécessitent un réensemencement après la récolte, les bouchots océaniques formés de pieux perpendiculaires aux rivages et implantés verticalement, subissant la contrainte des marées, et le système des cordes en Méditerranée avec ce dispositif de piquets et de traverses en teck ou en bois du nord, (celui-ci putrescible), sauf René qui emploie sur ce site le fer mais dont le naissain, c’est à dire l’ensemble des larves de mollusques, ne s’y fixe pas naturellement, contrairement au bois.

 Au pied du chemin de la colline et de celui du pays bleu il y avait sur une corniche longeant la mer, hérissée de pontons branlants où s’amarraient bettes et pointus, un petit port semblable à celui du manteau qui accueillait les pêcheurs de coquillages. (Jean Bouvet)

À l’est, la route étroite passait devant l’imposante muraille de la Tourelle qui subissait, les jours de largade, les embruns un peu souillés par les eaux du Las et les déjections des grands navires de la « Royale ». J.D (Le Brégaillon des « Sans Culottes »)

—et 16 800 m² à Balaguier, la « belle eau », où ils achèteront l’ancien casino du Manteau (l’actuelle villa Capriciosa) pour en faire leur atelier. La famille habite une grande maison voisine.

1890 c’est aussi l’époque où Michel Pacha fait don d’un terrain de 2700 m2 à Tamaris au Professeur Raphaël Dubois de l’université de Lyon pour y implanter une station maritime, l’institut de biologie marine Michel Pacha, où il découvrit la bioluminescence.

Balaguier
A gauche, en bord de mer, la grande maison d’habitation des de Jouëtte, 429 corniche Bonaparte, face à leur parc
Vers 1920, à Tamaris de gauche à droite : René, la belle soeur de Roger, la femme de Roger et la maman de Roger, Claire. (Roger de J. peintre)
La maison de Tamaris par Roger de J.

1892

En 1892, Mr René de Jouëtte fut le premier sur la zone de Brégaillon et de Balaguier à créer des activités mytilicoles et ostréicoles.

Il est le premier fondateur de l’élevage de moules à La Seyne-sur-Mer, à l’origine du « chapelet de moules » avec étiquette plombée.

Ce procédé breveté assure aux consommateurs la garantie d’un produit de culture surveillée dans la rade de Toulon. Les moules sont vendues en chapelet estampillé.

L’établissement de J. avec son dôme surmonté d’un paratonnerre
Les installations, toutes en teck

D’autres producteurs Limon, Gabriel, Bianchi, Pardigon, Pelre, Dubois…devinrent parqueurs à leur tour.

Roger de Jouëtte (1884-1954)

Né le 24 août 1884 à Ajaccio, il est déclaré artiste peintre quand il est appelé en 1905 au 9e de hussards où il sera brigadier pus maréchal des logis.

Mobilisé en 14 il passera à l’aviation maritime en 1917 et fera la guerre comme pilote basé à Miramas puis à Saint Raphaël. Marié à Renée Bascou en 1922 née à Bahia-Blanca en Argentine, il passera quelques années en Argentine d’abord en mission militaire, puis comme pilote civil (il avait acheté un avion lors de la liquidation des stocks militaires) et reviendra en France exercer le métier de son père, la mytiliculture.

Il aura deux enfants, Suzanne et Robert qui suivit la même voie professionnelle, et décèdera le 18 mai 1954 à Château Vert.

Roger de J. (1884-1954) à Buenos Aires
le voilier de Roger qui mouille dans une anse à St Mandrier (« Partègue » Roger de J.)
L’éguillette (Roger de J.)

Robert de Jouëtte (Toulon 1924)

Robert de J. (01/11/1945 date anniversaire de ses 21 ans)

Au XXe siècle


1949-1951

le 31/12/49 l’insalubrité est déclarée, l ’élevage des coquillages en rade de Toulon est suspendu.

Les épaves des navires de guerre obstruent la rade, les évacuations à la mer sont défectueuses, les équipages des navires y déversent leurs détritus, de même que l’arsenal. 

Dans les années 50, Balaguier comptait quatre parcs à moules qui appartenaient à Robert De Jouette, Jules Accardo et Roger Estienne.

La famille Estienne est  recensée à Balaguier depuis les années 1770. L ’ancêtre, Thomas, né à Cuges en 1744, cultivateur, lui-même fils d’un cultivateur et sa femme née à Gémenos, s’installent à Balaguier vers les années 1770, Thomas Estienne achète une parcelle en bordure de mer où la vigne pousse sur les coteaux orientés vers l’Est…. (voir l’histoire du père Louis, cette modeste guinguette fondée en 1790 qui deviendra un restaurant réputé)

 

La surveillance sanitaire était très sévère car à plusieurs reprises la vente des moules a été interdite en raison de l’insalubrité des eaux de la rade et ce jusqu’à la construction d’un émissaire commun d’évacuation des eaux polluées mis en service le 11 novembre 1951. Il faudra attendre 1952 ,la création de I’ émissaire et la construction de la Marinière pour que l’administration autorise l’exploitation de 60 parcs.. 

1957

« En 1957, le 6 février, les concessions de parcs à moules sont délivrées sous réserve du passage des coquillages dans un bassin d’épuration, dénommé «  La Marinière » qui a fonctionné du 01 09 59 à 1993 à Pin Rolland. »

1966

20 05 1966 La presse régionale (Nice matin) se fait l’écho de l’inquiétude des parqueurs sur l’avenir de leurs exploitations dans les eaux du parc toujours déclarées insalubres depuis le 31/12/49.

Toujours dans cette même année Monsieur Vallauris l’ ancien champion de boxe dont la terrasse du bar-tabac s’étend à deux pas de la mer, de l’ancien casino de Tamaris et de la villa de George Sand, ne peut même pas proposer à sa clientèle la dégustation dans son établissement des moules de tamaris.

Robert de Jouëtte le très dynamique président du syndicat des mytiliculteurs mène alors le combat de la levée du classement en insalubrité de La rade, ainsi que pour la vente libre, arguments à l’appui ( le départ d’une partie de la flotte de guerre et surtout la mise en service de l’émissaire commun rejetant les égouts de Toulon et de La Seyne au large du Sicié).

Robert fait un réquisitoire contre le bassin d’épuration de Saint-Mandrier « moyen de prestige et de propagande » devenu passage obligé pour les parqueurs, coûteux (« la moule fiscale » selon son expression ) monopolistique et inutile d’après eux. (République 17 juin 1966)

« L’équité viendrait qu’on contrôle la salubrité des produits chez les revendeurs concomitamment aux moules venant d’autres régions », les concessions ayant été attribuées dans l’intervalle notamment à Cette (Sète actuelle) où il n’y a pas d’épuration et ou même les professionnels peuvent temporairement protester contre la pollution de leurs eaux. 

République : La même année, la presse relate une table ronde à La Frégate autour de Robert où siégèrent les représentants, directeurs et/ou propriétaires des 60 entreprises qui connaissent une terrible agonie dans la baie du lazaret toujours jugée zone insalubre… (17/06/66 P. Carvalan))

1970

« La confiance doit revenir »

(Le Provençal 28/01/70)

Robert de Jouëtte et le syndicat des mytiliculteurs sont reçus à la DDS à Draguignan (on y évoque les brebis galeuses, ces huit parqueurs suspectés de ne pas faire stabuler leurs moules dans le parc de la Marinière  (la stabulisation équivaut à la pasteurisation des produits laitiers). Cette fois-ci Robert fait un plaidoyer en faveur de la Marinière !

1973

 « Mangez des coquillages !  »

(11/09/73 République)

La salubrité des produits issus des parcs français est confirmée dont ceux de Balaguier, Tamaris et le Lazaret car passant par la station d’épuration de la Marinière du Pin Rolland (qui fonctionnera jusqu’en 1993).

« Les fruits de mer font santé de fer »

1979

16/02/79 République : l’article montre Robert qui élève fièrement depuis le 15/05/74 des loups, des daurades et des truites de mer dans la rade, une reproduction artificielle grâce à l’institut Michel-Pacha.

Pour les daurades, les petits poissons sont livrés par la société d’alimentation et de recherche biologique à Lyon ainsi que la nourriture adéquate sous forme de granulés spéciaux. Pour les loups pas de problème en deux ans et demi on obtient des lots de 400 g. Par contre les truites (d’abord les alevins puis les truitelles) subiront une acclimatation progressive à la salinité. 

Aujourd’hui 

La baie du Lazaret située entre La Seyne-sur-Mer et Saint-Mandrier-sur-Mer accueille des activités d’aquaculture durable et raisonnée (cinq fermes aquacoles qui élèvent loups et daurades dont la plus importante, la ferme Cachalot), de qualité, avec la garantie du respect de l’environnement selon un contrat de baie de la rade de toulon et propose la vente en circuit-court pour valoriser les produits de la pêche. (Les perles de Tamaris, la maison Giol, Pierre et le loup, L’huîtrière de Tamaris, etc), le Var étant l’un des seuls départements français à expérimenter une Unité d’Exploitation et de Gestion Concertée.

Les de Jouëtte :

Trois prénoms en R pour trois générations de conchyliculteurs, ces parqueurs qui exploitèrent leurs fermes aquacoles dans la petite rade de Toulon : Les de Jouëtte. 

René 1847-1933

Roger 1884-1954

Robert 1924

-Dans l’ascendance des de Jouëtte on peut remonter jusqu’à Nicolas JOUËT ou JOUETTE, écuyer, conseiller du Roi, contrôleur général des deniers de police (décès en 1746). 

-Son fils Pierre-Jacques dit Philippe est lui aussi« contrôleur général des trésoriers-payeurs des deniers de police de Paris (et fauxbourgs) », écuyer et conseiller du Roi.

-Le fils  de Pierre-Jacques (décédé lui en 1775), Hilaire, est le premier officier de l’armée coloniale recensé en 1828-34 comme ancien propriétaire colon de Saint-Domingue, ex exploitant d’une cafèterie (bien avant 1789 donc). Décès en 1797.

-Louis Mathias de Jouette le fils d’Hilaire né en 1769 est lui aussi militaire de l’armée coloniale à Saint-Domingue. Il épousera à la Jamaïque Jeanne Renée Françoise Gabrielle de Ponthieu sa cousine (car Hilaire et Louis de P. Le père de Jeanne, lui aussi officier colonial, ont épousé deux soeurs), elle même issue d’une famille du Poitou « de noblesse immémoriale ». 

Louis-Charles comte de Ponthieu, originaire de Bordeaux,(Famille noble originaire de Saint-Jean-d’Angély (Charente-inférieure), seigneur de Breuil de Chives) est lui aussi recensé en 1828-34 comme ayant exploité une cafèterie à Saint-Domingue.

Jeanne Renée et Louis Mathias ont un seul fils Louis Paul Jules né à Kingston. Jeanne Renée décède en 1806 et Louis Mathias épouse en 1810 sa soeur Pauline Elisabeth de Ponthieu veuve de William Augustin de Guiran.

Les familles de J et de P rentrent en France en juin 1815. 

Louis Mathias y continuera sa carrière militaire jusqu’en 1821. Il décèdera en 1830 à Corbeille. 

-Son fils Louis Paul bachelier ès-lettres en 1821 deviendra percepteur à la Marche dans les Vosges, nommé au grade de sergent-major à la garde nationale. Il épousera Bathilde Laprévotte en 1835 avec laquelle il aura trois enfants dont Henri Louis « René » né le 20 août 1847 à Lamarche dans les Vosges, le seul qui aura une descendance. Décès en 1873.

-René et son frère Paul Nicolas, les de J étant installés à Marseille, partent en Corse monter des parcs à huîtres et à moules, à Ajaccio et à Bastia.

En 1881 René se marie avec Claire Lavie dont la famille paternelle (cinq générations de coloniaux) vivait aussi à Saint-Domingue à la même époque que les de J. et les de P.

Sources :

Victor Coste et la révolution aquatique du XIXe siècle (Olivier Levasseur)

persee.fr

Voyage d’exploration sur le littoral de la France et de l’Italie (Victor Coste, 1855)

La revue maritime et coloniale vol.123 :

Bulletin des pêches maritimes de la revue maritime et coloniale (M. Vinson sous-commissaire de la marine septembre 1894)

Rapports du Jury international, vol. 8 à 9 de Paris (France). Exposition universelle de 1889

Les procédés actuels de la mytiliculture en France (H.F.A. Marchand 1915)

Archives familiales, les archives à la Jamaïque et le CAOM à Aix en Provence.

geneanet.org (Alain Anquetin)

Généalogie et Histoire de la Caraïbe numéro 190 Mars 2006, numéro 238 Juillet-Août 2010 

archives-nationales.culture.gouv.fr

domingino.de/stdomin/colons

gallica.bnf.fr

Le Brégaillon des « Sans Culottes » (Jo Dechiffre journaliste local)

petitsproducteurslocaux.com

Jean Bouvet journaliste local

Histoire de la famille Estienne à Balaguier 

(Monique Estienne, Geneviève Bauquin dans histpat-laseyne.net 2014 : De la mer à la table) 

metropoletpm.fr

ifremer.fr

tourisme-ouest var

memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr

Notice historique sur les forts de l’ éguillette et de Balaguier (Marius Autran)

« Les mytiliculteurs de Toulon connaitront-ils un renouveau ? » (Nice matin 20 05 1966) 

« La grande misère de la mytiliculture » (République P. Carlavan 17/06/66)

« La confiance doit revenir » (Le Provençal 28/01/70)

« Mangez des coquillages » (République 11/09/73)

« Un mytiliculteur élève des loups et des truites de mer dans la rade de Toulon » (République François Kibler 16/02/79 )

Robert de Jouette 97 ans

Plusieurs semaines de recherches, plusieurs entretiens avec Robert, le dernier des parqueurs de la famille de Jouëtte, dont le grand-père fut le premier à réussir à élever l’huître méditerranéenne, et lui-même le premier pisciculteur en 1974…

Vifs remerciements à Robert de Jouëtte qui a très gentiment accepté de partager ces souvenirs d’un temps pas si lointain…

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