Courrières est une commune française située dans le département du Pasde-Calais (en région Hauts-de-France aujourd’hui).

La commune est connue pour la catastrophe minière survenue dans les charbonnages de la « Compagnie des mines de Courrières », dans les communes voisines de Courrières. Ce dramatique accident fit 1099 morts le 10 mars 1906.  

Il s’agit de la plus importante catastrophe minière de tous les temps en Europe et la deuxième au monde après celle de Benxi en Chine en 1942 (1 549 morts), techniquement, un feu de mine, une explosion, peut-être un coup de grisou, puis  le coup de poussier beaucoup plus dévastateur et meurtrier.

Treize mineurs ont pu retrouver le puits après avoir erré pendant des kilomètres dans le noir total et en sortir vingt jours après l’explosion, un quatorzième encore quatre jours plus tard ! A la presse locale celui-ci déclarera qu’il s’en était sorti grâce au café et à la bistouille (café + eau de vie).  » J’allais et je venais ; bref j’essayais de m’escaper* « 

*Après la catastrophe, la langue française s’est enrichie d’un mot nouveau d’origine picarde : rescapé, largement repris dans la presse, et qui supplanta réchappé. Part. passé de rescaper, forme wall. de réchapper*; la forme picarde correspondante. est récapé, mais c’est la forme rescapé, utilisée par les mineurs et sauveteurs belges, qui a été retenue par les journalistes (CNRTL).

La catastrophe provoquera une crise politique et un mouvement social qui  déboucheront sur l’instauration du repos hebdomadaire dominical rendu obligatoire par une loi.

Février 1907 le repos hebdomadaire se généralise progressivement…
…ou pas ! Toutes les corporations se mobiliseront à tour de rôle pour les imposer au patronat.(1906/1907)
…Au tour des médecins !

Cette catastrophe a suscité un élan de générosité sans précédent en France et en Europe et 6,5 millions de francs-or sont collectés. La compagnie minière elle-même donne 2,2 millions de francs aux ayants droit et verse des rentes annuelles de l’ordre de 500 000 francs aux familles.

Partout dans les écoles des souscriptions furent lancées au profit des familles des victimes. A La Seyne on organise des quêtes lors de la soirée de gymnastique, au cercle de l’action libérale, une collecte au casino de Tamaris. Sur la convocation des présidents du Parti Ouvrier et du Cercle des travailleurs une réunion des présidents des sociétés seynoises eut lieu en vue d’organiser une fête au profit des familles. Le président de L’Aurore, la société de gymnastique, assure de son soutien ainsi que le maire de La Seyne qui financera au nom de la ville l’affichage et les frais de publicité. Au match sportif de la muraillette une quête est organisée le dimanche. Dans la salle du conseil municipal une réunion est organisée en vue de l’organisation de cette fête caritative. 59 sociétés sont représentées. Le procès verbal de la séance est lu et approuvé.

Entre temps une kermesse et une soirée dansante sont organisées au cercle des travailleurs toujours pour une collecte de fonds. Un mariage (celui de Victor Autran administrateur adjoint des colonies avec Mme Blanc directrice de l’école maternelle) célébré au Père Louis (chez MM. Armando et Lacroix) est aussi l’occasion d’une belle récolte d’argent. Soirée caritative aussi au cercle des Mouissèques.

Henri Pétin écrivit un à-propos en un acte, en vers « Pour les mineurs », représenté le 8 avril 1906 à l’Eden-Concert, édité par le comité et vendu au profit de l’Oeuvre, déclamé par M. Marc Soland et Mme Gentès professeur de diction, dont on peut apprécier ici la scène finale :

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