Les Frères maristes des écoles, ou Petits Frères de Marie, ou Maristes de Champagnat*, forment une congrégation laïque masculine de droit pontifical depuis 1836.

*Marcellin Champagnat est un séminariste de Lyon, tout comme Jean-Claude Courveille et Jean-Claude Colin, chargé par eux de créer cette fondation. (Il prononcera sa consécration religieuse comme Père Mariste Le 24 septembre 1836).

Le 22 décembre 1845 : s’était ouvert la première école maternelle à La Seyne dite « salle d’asile » rue de la miséricorde (suite à l’ordonnance royale du 22 décembre 1837 accordant aux asiles le statut de maisons d’éducations au lieu de simples refuges de la petite enfance).

Dès 1846, le R.P. Epalle, Mariste de la Maison des missionnaires (ex Capucinière*) demande sans succès une autorisation pour ouvrir une école à La seyne. 

En 1852, une nouvelle requête est faite au supérieur général des petits frères de Marie, appuyée par le maire de la ville, Antoine Léonard Barry, et par le R.P. Eymard supérieur du nouveau collège des Maristes. (La seyne aurait eu pendant la restauration une école communale dirigée par des frères des écoles chrétiennes, une ancienne congrégation laïque masculine).

Quatre frères furent envoyés et une école s’ouvrit, attenante à l’église paroissiale, en novembre 1852.

En 1854, six frères professeurs Instruisait, 309 enfants, répartis en cinq classes dans cette école communale gratuite. Le frère Urbain Directeur de 1852 à 1860 étant décédé, il fut remplacé par le frère Onésiphore de 1860 à 1872.

En 1865, sous le second empire il y avait donc 13 frères Maristes pour huit classes et 531 élèves (et trois études payantes), malgré la très forte hostilité ambiante sous la municipalité de Bernard Lacroix, les suspicions, calomnies et persécutions dont ils faisaient l’objet et malgré le soutien de  Noël Verlaque, l’ingénieur en chef des forges et chantiers de la Méditerranée et membre du conseil général du Var.

À partir de 1872, c’est le frère Xénophon qui remplace le frère Onésiphore.

Le 2 novembre 1873, Marius Giran étant maire, le conseil d’État annule la décision prise par le conseil municipal de supprimer l’école congréganiste, décision jugée illégale, il est donc voté un budget de 3600 Fr. pour les instituteurs de l’école municipale de garçons. 

le 20 novembre 1873, le conseil municipal, mis en demeure de voter le crédit nécessaire pour le traitement du directeur et des adjoints de l’école communale congréganiste, confirme l’allocation de 3600 Fr. pour l’année 1874… 

Parallèlement, le 28 décembre 1873, on supprime le traitement des vicaires, et on réduit l’allocation pour le logement de Monsieur le curé de la paroisse de la Seyne…

 Le 8 février 1874, le conseil municipal est dissous. Le maire est révoqué, selon lui « à cause de ce qui se passe dans notre malheureux pays » qui amorce un virage à droite avec les nouvelles mesures « d’ordre moral » prises par le président Mac Mahon. L’école congréganiste est maintenue, le conseil municipal remercie Marius Giran pour son zèle, son dévouement et son intelligence, on décide « qu’il a bien mérité du pays ».

Le 21 février 1874, c’est l’élection du maire et de ses adjoints :  Louis Paul, Marius, Estienne devient maire. Parmi les adjoints Il y a toujours Léonce Rimbaud* et Cyrus Hugues* ainsi que maintenant Marius Giran.

Le frère Néophyte prend la direction de l’école, puis le frère Zoël. Plus de profs, plus d’élèves, 435 en classes de jour et jusqu’à 220 en études ! Mais d’autres difficultés et obstacles les attendaient et…

le 1er juin 1878 les frères Maristes se virent contraints d’abandonner cette école communale.

Plus tard l’école « Grimaud »du nom de la directrice, 12 rue d’ Alsace, et ensuite l’école libre de jeunes filles dirigée par Mme Riquier, née Mouche au n°6.

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12 rue d’Alsace

En septembre 1878  les frères Maristes ouvrent un établissement libre dans la rue de la Miséricorde.

Dès 1879, 150 élèves sont inscrits à la fois aux classes et aux études devenues obligatoires et payantes. Ils sont toujours en butte aux tracasseries de la municipalité régnante. En parcourant les registres des délibérations municipales de ces années, on mesure combien le financement de l’instruction primaire est une préoccupation majeure, et combien c’est un enjeu politique et idéologique (d’où les fermetures temporaires imposées par exemple ). Louis Baudoin dans son opuscule sur les établissements Maristes déplore sans le nommer l’antagonisme de Cyrus Hugues, alors « aux affaires ». (c’est vrai que monsieur le maire était aussi franc-maçon). S’en suivit un fléchissement de l’activité de cette école dans les années 1880 avec des problèmes comptables.

L’établissement des frères Maristes de la rue de la Miséricorde fermera ses portes en 1882.

1882 : le frère Marie-Urbain étant directeur, l’école libre s’installe alors dans une maison récente louée au curé Raymondis, à 600 m du collège des Pères Maristes, au début de cette avenue Fleury devenue dès 1870 (à la proclamation  de la République lors de la chute du second empire) le Bd du quatre septembre 1870. De 1886 à 1888 on y compte seulement 3 classes payantes, l’école laïque 10 puis 12 gratuites bien sûr. Les lois de 1901 et 1902 entrainent le départ des Frères Maristes en 1903, l’école devenant un établissement scolaire libre reconnu par l’état, préparant aux Arts et Métiers, à l’industrie et à la Marine.

Après la guerre de 14, « grâce au dévouement, à l’abnégation des pédagogues chrétiens », l’école survivra jusqu’aux années 30. L’ancienne école des Frères, propriété du diocèse de Fréjus, abritera le Secours Catholique, le Centre de Jeunesse, ainsi que des logements pour les membres du clergé paroissial, avant d’être vendue…

Sources

Louis Baudoin: Les établissements « Maristes » à La Seyne-sur-Mer (Var) 1963

Registres de délibération du Conseil municipal de La Seyne sur mer (Archives municipales)

PdP pour 3aism.fr et laseyneen1900.fr

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